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Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ?

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MessageSujet: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Lun 22 Aoû - 0:50

    Il fut un temps, où je n'avais pas autant de pouvoir que maintenant, un temps que je n'aimerais pas spécialement revivre, quoique, sous certains côté, c'était quand même très sympathique. Mais, je suis bien où je suis, je n'ai personne au dessus de ma tête pour me dire que j'ai bien fait, ou au contraire que j'ai mal fait. Je fais ce que je veux, je sais tellement bien couvrir mes traces que personnes ne saura me retrouver, et puis, je n'ai pas besoin de forcément me salir les mains pour le sale boulot, c'est ce qui est encore plus classe quoi, j'y envois souvent Duncan, ou un véritable larbin qui pourrait se faire choper si j'en avais envie. J'ai toujours une issue de secours, j'ai toujours plusieurs cartes dans ma manche, et celles que je peux sortir sont souvent redoutables, surtout pour les petits poulets qui s'amusent à vouloir me mettre là où mon paternel est mort, mais je sais que je n'irais pas avant un bout de temps. Je ne dis pas que je n'irais pas un jour mais du moment, que la bande des J est flics à Longside, je n'ai aucun soucis à me faire. J'entends pas la bande des J : Jeremiah, Jordan et James. Allez savoir pourquoi leurs prénoms commencent tous par la même lettre, c'est sans doute un signe de leur incompétence, j'en suis persuadé puisque le j, c'est aussi le début de joke, autrement dit, ils sont de bonnes blagues qui me font bien rire en tout cas.

    Bref, je marchais donc tranquillement dans la ville, il faisait assez chaud aujourd'hui, je serais bien allé me rafraichir quelques parts, en dehors du Dancing King en tout cas, comme si je passais ma vie là-bas, alors que ce n'est pas vrai, même si, quand même, je passe la moitié de mon temps dans le club, et ceci depuis des années. Faut pas croire que je suis un ancêtre non plus, je n'ai que 35 ans, mais, ça doit bien faire 20 ans que je passe le plus clair de mon temps là-bas. Mais un peu de changement ne me ferrait pas de mal, alors au grès de mes pas, je me retrouvais dans le parc, dans ce parc qui a tout connu de moi, de mon enfance à aujourd'hui. Je suis venu m'amuser ici quand j'étais gamin, puis, je suis venu m'amuser quand j'étais un adolescent, en faisant des blagues pourries pour les passants, puis en tant qu'adultes, puisque je cours régulièrement dans le coin, histoire d'entretenir ma forme, d'ailleurs, c'est comme cela que j'ai rencontré une jeune femme, je ne sais pas son âge, peut être a-t-elle à peine 18 ans, mais elle me parait sympathique, la prochaine fois que je verrais Blue, je lui proposerais sans doute quelques choses de bien. Je ne ferrais pas dans le détournement de mineurs, ce n'est pas du tout mon intention mais un verre entre un joggeur et une joggeuse, quoi de plus naturel, n'est ce pas ?

    Je remontais ainsi le temps l'espace de quelques instants en passant devant l'aire de jeux. C'est ici que j'ai fait mes premières armes de séductions enfantines. Evidemment, ça n'a rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui, je ne m'en rendais même pas compte d'ailleurs mais dès ma plus tendre enfance, j'étais déjà un leader dans le bac à sable. Je faisais mes pâtés, mes petits châteaux, c'était un temps où l'insouciance prédominait sur tout le reste, un temps où je me demandais encore pourquoi le ciel est bleu et pourquoi les oiseaux volent dans ce ciel justement. Ce temps est révolu depuis désormais un bail, des lustres. Puis, je remontais à mon adolescence avec le river court, ce petit gymnase, où j'ai fait mes armes dans divers sports, je crois que c'est ici que j'ai mes meilleurs souvenirs de baskets, des parties incroyables avec des types ayant une ou deux têtes de plus que moi. Je me revoyais marquer des paniers d'anthologie, des dunks mythiques. Puis, alors que je continuais de marcher, je tombais sur la fontaine magique. Je me souviens de ma mère me disant que si je jetais une petite pièce sur l'un des jets de la fontaine, je pourrais un jour devenir grand, beau et fort, et à cet âge là, tout bambin rêve de le devenir. C'est alors que j'ai cru apercevoir un visage familier que je n'avais pas vu depuis quelques semaines : David Sullivan. C'était un comique ce type, un camé de première qui voulait se racheter une conduite. Je savais qu'il était faible, fragile, alors le croiser ici tombait bien. J'avais de la cam sur moi, du moins, ça y ressemblait, en vérité, c'était de la farine, mais cela ressemble tellement à la de cocaïne que même Duncan, mon cousin pourrait s'y méprendre. Vous allez alors me demander pourquoi je me trimbale avec de la farine, mais c'est tellement simple : pour faire un gâteau voyons, je suis fin cuisinier. Je m'approchais alors de l'homme, me mettant à côté de lui, en disant :

    " Magnifique spectacle que cette fontaine municipale, n'est ce pas ? "

    C'est vrai que c'était joli ces petits jets, mais honnêtement, il y avait de biens meilleurs spectacles mais il était là, je n'avais plus qu'à attendre une réponse à ce bonjour comment vas-tu déguiser.


Combien de temps Hunter survivra-t-il encore ?

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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Lun 22 Aoû - 13:47

présentation under co'

    « Qu’est-ce que tu fais ? » Traversant la pièce pour rejoindre la cuisine où il allait se chercher un verre d’eau, David était passé devant sa fille qui, ayant ouvert son ordinateur portable du salon, semblait particulièrement absorbée par ce qu’elle faisait. « Je regarde les cursus proposés à la fac’ du coin, pour voir … » La fac’ ? Elle ne perdait vraiment pas de temps là. « Te reste encore deux années de lycée et tu me parles déjà de la fac’ ? Tu veux me faire vieillir avant l’âge ? » Revenant de la cuisine son verre d’eau à la main il l’avait vidé presque d’une seule traite. « Non, j’essaye juste de relativiser sur les deux longues, loooongues années que je vais devoir supporter avant. » A cela elle ajouta un sourire ironique. En même temps il la comprenait, le lycée de Longside Creek il n’y avait passé qu’une année et demie, et il avait déjà trouvé cela plus que suffisant. « Tu vas quelque part ? » Revenant de la cuisine où il avait mis son verre dans l’évier, David venait de saisir la laisse du chien. « J’vais faire un tour jusqu’au parc, j’ai besoin de prendre l’air, et ça lui dégourdira un peu les pattes. » répondit-il en désignant du menton leur berger allemand, qui au bruit de la laisse s’était levé de sous la table du salon. « J’peux venir ? J’dois rapporter un bouquin à Sully de toute façon. » Attachant la laisse au collier du chien il avait ensuite attrapé les clefs de la maison. « Oui bien sûr. » Et une fois que Myra eut récupéré le bouquin en question dans sa chambre les voilà donc tous les deux partis.

C’était une après-midi relativement chaude, une après-midi de fin d’été qui vous faisait regretter que la rentrée soit déjà aussi proche. Cela devait être le cas pour Myra bien sûr, puisqu’elle reprendrait bientôt le lycée, mais étonnamment bien qu’il ait déjà repris le boulot depuis trois bonnes semaines David avait cette impression lui aussi … l’ambiance en ville était toujours différente pendant la période estivale que pendant le reste de l’année. Peut-être parce que le quartier du port était occupé par les touristes amarrés à la Marina, peut-être parce que les rues restaient animées jusque tard le soir, peut-être parce que la plage étaient envahie de personnes qui voulaient profiter du soleil, et non pas simplement des surfeurs et des quelques courageux pour qui la température de l’Atlantique n’était pas un obstacle. Pendant longtemps David n’avait plus connu Longside Creek qu’à cette période de l’année, ne quittant Boston que l’espace de trois semaines pour revenir passer un peu de temps dans cette ville qui était la ville natale de sa femme, mais où lui n’avait plus vraiment d’attaches en dehors d’un père à qui il n’avait pas parlé depuis … longtemps. Voilà sans doute pourquoi la fin de l’été le rendait un peu mélancolique, elle lui rappelait que désormais il vivait ici et que l’époque où il venait en vacances avec Julia était révolue ; Désormais il vivait ici, sans elle, et s’il avait envie de lui parler c’était au cimetière qu’il devait se rendre.

David et Myra avaient longé la Swallows Promenade sur presque un kilomètre – leur immeuble s’y trouvait presque en bordure – avant de prendre la route qui conduisait jusqu’à la grande fontaine de pierre qui marquait la limite entre Longside Harbor et le parc de la ville. Dès qu’ils s’en étaient approchés leur chien s’y était précipité pour boire, et faute de banc aux alentours David s’était lui assis sur le bord tandis que Myra se passait de l’eau sur le visage. Lorsqu’elle n’avait encore que deux ou trois ans, l’été, il n’était pas rare de voir les gamins jouer et s’asperger dans la fontaine, mais depuis la chose était devenue interdite et une pancarte le signalait tout en enlaidissant de manière certaine ce qui était en fait un monument appartenant à la ville.

    « J’vais jusque chez Sully, j’en ai probablement pas pour longtemps … tu m’attends ? » Acquiesçant d’un signe de tête David avait caressé machinalement le crâne du berger allemand en répondant « Si tu veux. Tant que t’y est, demande-lui s’il veut venir manger à la maison. » A vrai dire Sully passait déjà tellement de temps chez eux que David avait parfois l’impression d’avoir deux enfants au lieu d’un. « Et comme c’est moi qui cuisine il ne pourra pas dire non ! » avait-elle simplement répondu d’un air espiègle avant d’ajouter « J’peux prendre Balto ? La grand-mère de Sully l’adore, ça lui fera plaisir. » lui tendant la laisse en guise de réponse la jeune fille s’en était donc saisie en souriant avant d’ajouter un « Merci papa ! » et de s’éloigner en direction de Lombard Lane, le chien trottinant devant elle.

Restant assis près la fontaine, David finit par se risquer à prendre un peu d’eau entre ses paumes pour en boire quelques gorgées, après tout il n’était indiqué nulle part qu’elle n’était pas potable et elle avait l’air relativement propre. Relevant les lunettes de soleil qu’il avait posé sur son nez en quittant le loft, il s’était rassis sur le bord de la fontaine en laissant sa main gauche tremper dans l’eau et s’était plus ou moins perdu dans ses pensées jusqu’à ce qu’une voix qui, après réflexion lui était un peu trop familière malheureusement, n’interrompe le fil de ses pensées.

    « Magnifique spectacle que cette fontaine municipale, n’est-ce pas ? » Lentement, David avait tourné la tête vers la voix qui en toute logique ne pouvait s’adresser qu’à lui, puisqu’il n’y avait personne d’autre autour. A moins que le sieur McNeely - parce qu’il avait maintenant la confirmation de visu qu’il s’agissait bien de lui – ne se soit mis à parler tout seul. Rien ne l’aurait étonné venant de ce type, mais enfin tout de même. « Magnifique ? Je ne savais pas qu’il suffisait de si peu pour vous extasier. » David le savait pour en avoir lui-même fait l’expérience, Hunter avait tendance à tutoyer plus ou moins fréquemment les personnes avec lesquelles il se sentait en position de supériorité. C'est-à-dire quasiment tout le monde, comme il avait toujours eut l’air de le croire. Alors le vouvoyer, pour le coup, c’était sans doute une première façon de garder un minimum de distance entre lui et ce type. « D’ailleurs, je ne savais pas non plus qu’il vous arrivait encore de mettre les pieds en dehors de votre … bar. »

Il avait volontairement buté sur le mot bar, car pour lui il était bien entendu évident que ça relevait plus du lieu de perdition sans vrai qualification que du bar à proprement parlé. L’American TaleDancing King c’est juste … peu importe. Quoi qu’il en soit David se serait à n’en pas douter bien passé d’une pareille rencontre, qui en plus de lui paraitre désagréable ne lui rappelait pas franchement de bon souvenirs quand à la période de son adolescence. Ne lui restait donc plus qu’à espérer que Hunter était pressé, qu’il avait à faire ailleurs, bref qu’il ne s’attarderait pas dans le coin … Il avait toujours défendu à Myra de s’approcher du Dancing King et encore plus de son propriétaire, alors autant vous dire qu’il n’avait pas franchement envie qu’elle revienne et le trouve faisant la causette avec Hunter.



There’s someone I’ve been missing, I think that they could be the better half of me. They’re in the wrong place trying to make it right, but I’m tired of justifying so I say to you ... Come home, come home, 'cause I’ve been waiting for you for so long, for so long. And right now there's a war between the vanities, but all I see is you and me, the fight for you is all I’ve ever known ... So come home.

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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Lun 22 Aoû - 21:52

    Qu'est ce que je pouvais être ironique parfois. Cette fontaine était d'un banale affligeant, surtout depuis qu'ils avaient mis leur pancarte pour signaler qu'il était interdit de se mettre sous les jets d'eau. Enfin, elle pourrait être encore plus banale s'il y avait une autre pancarte signalant que l'eau était potable ou non. Personnellement, je préférais ne pas tester, on ne sait pas tout ce qui peu passer là-dedans, entre les pluies acides, les chiens qui pissent dedans, c'était charmant. Si j'avais des enfants, je m'amuserais à leur dire que c'est une fontaine magique, que si l'on fait un veux et que l'on jette une petite pièce dedans, il se réalisera un jour, et pour l'éternité. L'éternité, un mot bien énigmatique, qui avait pu un jour toucher du doigt l'éternité ? Personne. Bien entendu si vous êtes un peu croyant, vous pouvez peut être savoir qu'Adam et sa femme ont presque vécus un millénaire entier. Jamais, même grâce aux progrès de la médecine, notre corps ne résisterait aussi longtemps dans de bonnes conditions, mais il faut bien le dire, qui aimerait vivre une éternité dans des conditions si minables ? Je sais, j'ai cette situation de puissance grâce au Dancing King, mais même moi, je ne voudrais pas vivre une éternité, ce serait trop long. Mais pourquoi est ce que je me mets à philosopher sur ça ? Je ne sais pas, parfois je m'étonne moi-même, sans doute des restes de mon père, ou de ma mère, je ne me souviens plus très bien à vrai dire.

    Je marchais donc, j'avais cru voir au loin la fille de Sullivan, le chien en laisse, un livre à la main. Qu'allait-elle faire ? Je ne sais pas, et je m'en fou complètement. Elle n'était plus là, ça m'arrangeait grandement, je pourrais m'amuser à torturer son père à ma guise. Je savais qu'il m'appréciait comme son meilleur ami. Nos rencontres étaient toujours plus ou moins houleuse au Dancing King, enfin les dernières rencontres, parce qu'il y a de cela quelques années, je lui donnais la meilleure cam qu'on puisse trouver dans la ville et il en redemandait toujours le bougre. Evidemment, comme il était un bon client, je lui faisais parfois de petites fleurs, mais aujourd'hui, il n'était même pas envisageable de lui en faire, même un minime. Il s'amusait à venir chercher des petits paumés de la vie, des clients pour leur mettre dans la tête qu'il ne fallait pas toucher à la drogue. D'un sens, il avait raison, mais c'était mon gagne pain quoi ! Alors pas les pattes, sinon, je te brise en deux sans aucun scrupule. D'ailleurs, j'avais déjà dans la tête un petit plan de ce que j'allais pouvoir lui faire, là, maintenant, tout de suite. Oui, quand sa gamine reviendrait, il serait tout bouleversé, du moins un peu, peut être qu'il réussirait à ne pas le montrer à sa fille s'il était plus fort que je ne le pensais. David était un homme fragile, vivant dans le passé d'une épouse défunte. Il n'avait pas avancé vers l'avant, c'était ceci sa plus grande faiblesse, celle qui pourrait le faire chavirer, le faire replonger, parce qu'il faut le dire, c'est une loque, quelques coups de pieds aux fesses ne lui feront pas de mal et qui sais, peut être que nous pourrions avoir à nouveau de bonnes relations, mais là, je rêvais, douce ironie. J'avais eu la chance de ne pas me marier, sinon, je pense que je devrais payer un bon paquet de frics à mes ex-épouses, parce que oui, j'en ai aimé passionnément, fougueusement même, mais jamais je n'en ai épousé une, préférant rompre avant que je ne devienne trop sentimental. Pour le moment avec Hanna, c'était gentillet, mais je le savais si elle était comme je le pensais, cela pourrait devenir plus passionnel, plus intense que ce que c'est actuellement.

    Mes pas m'avaient donc menés jusqu'à cette fontaine, aussi improbable que cela, j'avais aimé marché dans cette ville que je parcourais souvent étant gosse, surtout ce parc qui était pour moi à l'époque gigantesque. Je retrouvais donc ce cher David qui semblait être tout surpris de me voir à en regarder les traits de son visage. Sans doute pensait-il à sa fille qui venait de partir, ou alors à notre sombre passé de dealer et de client, surement au deux d'ailleurs. De toute évidence, il n'était pas enchanté de me parler, vu qu'il s'est mis directement à me vouvoyer, alors franchement, nous nous connaissions depuis tellement de temps, c'était une plaisanterie mais s'il voulait joué à cela, ça ne serait que plus marrant. Quand il serait énervé et qu'il me vouvoierait, ce serait sympathique. Mon sourire carnassier avait aussitôt pris la place sur mon visage comme si je sentais un bon présage, pour moi évidemment. Il y avait peu de monde autour de la fontaine, mais si une dispute éclatait, elle pourrait être vu par quelques personnes, ce qui ne me ferait pas de mal mais nous n'en étions pas encore là. Il était assis sur le rebord et il me tint à peu près ce langage si châtié : « Magnifique ? Je ne savais pas qu’il suffisait de si peu pour vous extasier. » Je voyais tellement d'ironie dans ces propos, comme s'il voulait en quelques sortes me casser en morceau, mais il en fallait mieux que ça. J'aimais bien ce qu'il venait de dire, il y avait un peu de mordant dedans, autrement dit, cela augurait une belle petite polémique. Mon sourire n'en était que plus grand. Je baissais légèrement la tête pour le regarder dans les yeux. Si j'avais été télépathe, j'aurais pu lire en lui comme dans un livre ouvert et encore, ces yeux, son regard en disait long, très long sur ce qu'il ressentait intérieurement. Et il me donna une nouvelle petite aiguille, il ne savait pas que je pouvais quitter le Dancing King. Il évita d'ailleurs soigneusement de prononcer le nom de ce lieu de débauche où il avait tant traîné quand il était adolescent. C'est vrai que c'est étonnant de me voir dans un autre contexte que le club, mais je suis un humain, j'ai des besoins comme les autres. Même si cela peut vous faire bizarre, je vais faire les courses, j'achète des vêtements, je fais le pleins d'essence de ma voiture comme chacun d'entre vous.

    "Magnifique ne veut pas forcément dire que je suis en extase devant cette fontaine. Je préfère de loin voir ta fille. Ce serait dommage qu'en conduisant ma voiture, il lui arrive malheur. Je suis comme toi, je peux marcher dans la rue, ce n'est pas encore interdit à ce que je sache. "

    Je sais, c'était moche et gratuit, mais au moins, je le ferrais assurément réagir. La torture psychologique le ferrait ce bouger les fesses de cette fontaine. Je lui disais ça presque pour son bien, c'est vous dire si j'étais bon avec lui. Je sais qu'il ne le prendrait pas comme ça, c'est trop dommage. Garderait-il son sang froid ou s'énerverait-il déjà ? Surtout que j’abattais ma première carte, surtout que j'en ai encore dans ma manche. Alors, tu aimes vraiment ta fille ? Je le voyais déjà me répondre que je n'avais pas à toucher à sa fille, et blablabla. Je ne suis pas un pédophile, si elle avait 21 ans, je serais ouvert, mais là, non, beurk, mais ça, il ne le savait pas forcément.


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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Mar 23 Aoû - 11:46

La chaleur, déjà passablement étouffante lorsque l’on vivait près de la plage, ne faisait que s’accentuer à mesure qu’on s’en éloignait et donnait à la fontaine et ses alentours un teint poussiéreux. Ce n’était rien cela dit comparé à ce que David avait pu connaitre dans a Boston natale, là où les jours de canicule la chaleur et la pollution se mêlaient tellement que les rues toutes entières semblaient plongées dans un brouillard âcre et jaunâtre ; En cela on aurait donc pu croire que David appréciait le changement de décor que lui avait offert son déménagement. Pourtant il n’en était rien, et malgré tous les avantages qu’une vie à Longside Creek pouvait apporter en termes d’hygiène de vie, David continuait d’avoir cette préférence indélébile pour la ville qui l’avait vu naitre. Sans doute parce que dans une grande ville comme Boston il était plus simple de se fondre dans le décor, plus simple de vivre sa vie comme on l’entendait. Dans une ville comme Boston les types comme Hunter McNeely savaient rester là où on les attendait et si l’on savait y faire on pouvait bien vivre une vie entière sans avoir à les croiser une seule fois. Malheureusement dans cette bonne vieille ville de Longside Creek les choses étaient beaucoup moins simples et il arrivait donc malheureusement qu’on croise la route de ceux qu’on aurait souhaité garder aussi loin que possible.
Le ressenti de David à l’égard du dénommé McNeely avait évolué et s’était transformé à plusieurs reprises au fil des années. Il y avait d’abord eut la dépendance, parce que le Dancing King était le seul endroit en ville où il était possible de s’approvisionner et que David ne pouvait pas envisager de se retrouver sans dealer. Puis il y avait eut la crainte, car comme chaque toxico sortant de désintoxication David savait qu’il ne lui faudrait pas grand-chose pour perdre à nouveau pied. Ensuite il y avait eut le déni, et une certaine obstination de sa part à laisser l’époque où il fréquentait – et encore c’était un bien grand mot – Hunter dans un coin de sa tête, bien au fond. Et puis enfin il y avait eut le mépris, quand il avait fait la connaissance de Skye et finit par découvrir qu’Hunter McNeely n’était pas simplement une petite frappe de dealer qui gagnait son pain sur la misère des autres, mais aussi et surtout un type pour qui son trop-plein d’orgueil et sa tendance obsessionnelle à la domination avaient une importance bien plus capitale que la vie d’autrui.

Quoi qu’il en soit David connaissait assez le bonhomme – il le connaissait peu, soyons clair, mais assez pour cela – pour savoir que la chose à ne surtout pas faire était de rentrer dans son jeu, de se laisser endormir par ses tentatives de vous impliquer dans ses délires cynico-narcissiques, pour ne pouvoir que mieux vous prendre pour un paillasson ensuite. Et être pris pour un paillasson par ce type, ah, non merci, il avait largement passé l’âge désormais.

    « Magnifique ne veut pas forcément dire que je suis en extase devant cette fontaine. » David s’apprêtait à répondre quelque chose du genre, autant pour moi, toujours teinté de la même ironie, mais Hunter avait continué sa phrase sans s’interrompre. « Je préfère de loin voir ta fille. Ce serait dommage qu’en conduisant ma voiture, il lui arrive un malheur. Je suis comme toi, je peux marcher dans la rue, ce n’est pas encore interdit à ce que je sache. » David sentit sa nuque se raidir à l’évocation de Myra, mais resta plus ou moins de marbre malgré que ses yeux fixaient désormais Hunter de façon beaucoup moins désinvolte. Ne pas rentrer dans son jeu, ne surtout pas rentrer dans son jeu. « Les menaces tout de suite, c’est charmant vraiment. C’était pas la peine de se vexer pour si peu … je vous savais pas si susceptible. » répondit-il avant de secouer très légèrement la tête en signe de désapprobation.

A vrai dire David doutait fortement qu’il existe dans l’entourage de Hunter une seule personne qui n’ait jamais subi la moindre menace de sa part. Même son cousin, comment s’appelait-il déjà ? Ah oui, Duncan, David était au lycée en même temps que lui, et déjà à l’époque il apparaissait de façon flagrante qu’il y avait dans parmi les deux un meneur et un suiveur … pas la peine de vous préciser lequel était le meneur, et lequel était le suiveur. A vrai dire David aurait même mis sa main à couper que Duncan avait du servir de cobaye lorsqu’ils étaient gosses et que Hunter cherchait un moyen de développer ses tendances à la domination … Pour un peu, il aurait presque eut de la peine pour Duncan. J’ai dit presque, hein, faut pas non plus abuser quoi.

    « Et puis soyons sérieux deux minutes, vous ne seriez pas assez stupide pour faire ce genre de menace, et ensuite la mettre à exécution … j’vais donc finir par croire que c’est votre façon à vous de faire la causette. Y’en a qui parlent du temps qu’il fait, du dernier match des Lakers, vous c’est de songer à renverser les passants … » C’était un peu bizarre hein, vous ne trouvez pas ? Mais enfin bon, chacun son délire comme on dit. Quoi qu’il en soit David disait la vérité lorsqu’il disait qu’il ne pensait pas Hunter stupide à ce point. C’est un sale con, mais il n’est pas stupide. Malheureusement. Il vivait déjà tous les jours avec la taule en guise d’épée de Damoclès, alors David osait espérer que s’il ne s’était pas encore fait prendre c’était parce qu’il était malin … Dans le cas contraire cela sous-entendrait que la police de Longside Creek était composée de bras cassés, et ce ne serait assurément pas une bonne nouvelle pour les habitants de la ville. « Mais donc, qu’on soit bien clairs. S’il lui arrive quelque chose, je saurai d’où ça vient. » Voilà, il n’avait pas pu s’en empêcher. Oh mais ne vous emballez pas non plus, David n’essayait pas de rentrer lui aussi dans le jeu de la menace … Il avait même su garder un ton tout à fait calme, y’aurait eut de quoi être fier de lui. Disons simplement qu’il avait parlé de façon claire et distincte. Pour bien se faire comprendre.


Notre jeune homme se demandait quand même bien ce que cherchait ce type, pour l’instant. Quel intérêt avait-il à perdre son temps face à quelqu’un qui, comme David, avait enfin pris le temps de comprendre quel genre de type il était ? Qu’est-ce qu’il espérait ? Récupérer un ancien client ? Cette pensée arracha à David un sourire plein de cynisme. A moins qu’il n’espère seulement débarrasser son bar de ceux qui, comme David toujours, tentaient de faire décrocher ceux qui aspiraient à s’en sortir et à ne plus toucher aux saloperies en tout genre disponibles au Dancing King ? Là-dessus Hunter allait avoir du pain sur la planche, car David lui n’avait pas la moindre intention de s’arrêter de sitôt.



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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Mer 24 Aoû - 17:02

    Il faisait chaud aujourd'hui encore, cela ne serait pas étonnant de voir un orage arriver dans la soirée ou dans la nuit comme ça arrive parfois, un de ces orages de chaleur, violent sur le moment, mais finalement, en y regardant de plus près, ils ne l'étaient pas tant que ça. On peut dire que je suis un peu comme un orage, je menace, je peux le faire beaucoup en l'espace de peut de temps mais au final, je ne fais qu'un peu peur. Tout le monde dans cette ville sait de quoi je suis capable, du moins ceux qui ne sont pas arrivé de la dernière pluie. David me connaissait, un peu, mais je le connais mieux qu'il ne croit. Depuis qu'il est revenu en ville, je connais ces petites habitudes, il aime tellement traîner au Dancing King, mais pour de mauvaises raisons. Il sait que c'est le seul endroit en ville où trouver un peu de drogue, et comme les jeunes sont avides de nouvelles sensations, ou alors simplement pour désobéir à leur parent, ils viennent me voir, enfin pas moi directement à l'heure actuelle mais un de mes petits dealers. Il essaye de se racheter une conduite, mais le mal qu'il a fait est là, et il le restera. Il a beau vouloir oublier, ces souvenirs de drogués resteront à jamais gravé dans sa mémoire, comme des images pornographiques, de violence, elles ne partent pas même après des années. Il s'est traumatisé seul en venant m'acheter de la drogue, il ne peut s'en vouloir qu'à lui-même. Il a alors fait une petite cure comme pour se purger le corps et l'esprit mais si cela fonctionne pendant un temps, ça ne peut pas fonctionner indéfiniment, et je compte bien le faire replonger, un de ces jours. Bien entendu, cela ne se ferra pas du jour au lendemain, il faudra du temps, c'est l'évidence même mais j'y arriverais bien, j'en suis persuadé. David n'est pas revenu à Longside simplement pour la tranquillité de la ville, ce n'est pas possible, il y a bien plus de raisons que ça. Je l'ignore mais ce n'est pas grave, cet homme est encore plus pourri que moi même s'il ne s'en rends pas compte, à vivre dans le passé, notre âme se pourrie de l'intérieur, pour gagner le reste du corps, notre coeur, notre esprit, et c'est en ces moments là que le château de cartes s'écroulent dans une dépression qui n'est plus latente. Mais en le torturant, je l'aide à quelques parts à se ressaisir, à vivre dans le présent pour sa fille, et à garder sa femme dans un coin de son coeur, pas tout le temps à son faible esprit.

    Je pense que ma relation avec David est assez unique, nous avons passé dans tellement d'états, d'une pseudo amitié entre son dealer et son camé à une animosité ouverte après qu'il soit revenu me piquer quelques clients. Il aurait pu revenir sans faire cela, je pense que nous aurions pu nous apprécier, il aurait pu rentrer dans la combine vu qu'il connaissait bien la marchandise mais au lieu de ça, il fait je ne sais pas trop quoi en voulant sauver des jeunes qui ne peuvent l'être. Bien entendu, sur le moment, ça fonctionne, mais je connais bien ce genre de petites frappes, un jour ou l'autre, ça replonge sans prévenir, ça fait le grand saut, a very bad trip comme dirait certains. Bref, j'avais l'intention de l'énerver, rien de plus en cette belle journée, rien de plus, à part quelques mises en garde et des menaces. Je savais qu'il ne m'appréciait pas à ma juste valeur mais ce ne changerait pas en une seule seconde, en quelques minutes. J'étais un potier, et David était l'argile malléable entre mes mains. Je commençais à le façonner à ma façon, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. Je savais que je pourrais le façonner en un magnifique récipient remplis d'un peu de poudre blanche même si je mettrais du temps à ce que le récipient soit suffisamment bon pour la contenir. Je parlais donc de sa charmant Myra, sa petite fille que je trouvais bien mignonne. Je voulais voir si son ironie était bien là, s'il avait un peu de répondant. Je doutais fortement qu'il rentre dans mon jeu tout de suite, mais je ferrais tout pour que ce soit le cas, d'ici quelques minutes, ou la prochaine fois que nous nous verrions, je saurais être patient avec lui de toute façon. Il me fixait à présent de façon bien plus sérieuse, du genre, fait gaffe à toi, si tu touche à ma fille, je te casse tes dents, mais il ne dit rien du tout dans ce goût là. D'ailleurs, je ne pu m'empêcher de sourire à sa réplique. Il me pensait susceptible, je dois avouer que j'aimais son sens de l'humour, probablement, la seule chose de vraiment bien en lui. Il aurait du faire comique je pense, ça aurait pu lui apporter pas mal d'argent et de renommer à travers le pays. Mais il n'avait pas choisit cette voie là, libre à lui, car je serais venu me moquer de lui avec délectation. Je ne répondais rien immédiatement, à part d'un petit sourire qui devenait de plus en plus carnassier au fil du temps, comme s'il était une bonne poire que j'allais dévorer toute cru. Puis il enchaîna sur le fait que je n'étais pas sérieux. Je savais faire des menaces, c'était une de mes spécialités, mais je savais aussi les mettre à exécution, enfin pas directement évidemment. Il pensait que ma seule façon de parler était de menacer les gens, ce qui était totalement faux, puisque je menaçais régulièrement Duncan mon cousin. Il avait du parler avec Skye sans doute, ça ne m'étonnerait pas qu'il parle d'elle en disait qu'il pensait que c'était ma seule façon de parler. Pour le faire mentir, j'avais presque envie de parler de la pluie et du beau temps, mais ça ne serait même pas drôle au final. Et puis, je ne parlais presque jamais de renverser des passants, c'est juste que sa fille étant partie à pied, certainement chez un ami, j'avais pensé que ça le ferrait réagir, mais il avait réussi à se contenir, du moins, jusqu'à sa dernière réplique. Je le sentais déjà glisser sur la pente savonneuse que je lui préparais et j'aimais déjà ça.

    " C'est vrai, tu as raison, je ne vois pas pourquoi je parle de renverser ta petite Myra, ce serait si dommage que sa belle chevelure finisse en travers d'un pare brise. Ne trouve-tu pas le temps merveilleux aujourd'hui ? Cela doit changer de Boston, l'air est si pollué dans cette grande ville alors qu'il fait bon vivre ici à Longside Creek, n'est ce pas ? "

    Je ne faisais pas plus de remarques, j'avais rajouté une belle petite couche sur sa fille, ça irait très bien à ce niveau, je venais de finir d'abattre ma première carte, j'attendais sa réaction pour pouvoir lui faire voir les suivantes, car j'en avais encore un bon petit paquet, je ne sais même pas si je les montrerais toutes aujourd'hui, ou si j'attendrais une prochaine rencontre. Il faut dire que je ne vais sans doute pas le rencontrer tout les jours, la prochaine fois ce sera sans doute au Dancing King quand il viendra chercher un client pour sa paroisse de raison, sa paroisse de sainteté. Oui, il faisait partie de la secte de l'abstinence, non pas sexuelle mais par rapport à la drogue, une ineptie sans nom qu'il ne comprenait pas lui-même. Si les jeunes viennent se droguer, c'est pour échapper à leurs problèmes, une façon rapide et simple de le faire. En les prenant sous son aile, il ne faisait que se créer plus de problème à lui, mais aussi à ceux qu'il voulait aider, un imbécile heureux de faire ce qu'il faisait mais son cas n'était pas pour autant perdu à jamais, du moins je l'espérais.


Combien de temps Hunter survivra-t-il encore ?

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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Jeu 25 Aoû - 18:55

Difficile en le regardant de deviner ce qui pouvait bien se tramer dans la tête de Hunter, en tout cas ça l’était pour David à cet instant précis. Autant parce qu’il ne connaissait pas assez bien l’animal que parce que ce dernier avait sans doute un esprit un peu tortueux (pour ne pas dire tordu). La chose dont David était en tout cas certain c’est que son interlocuteur ne semblait ni pressé, ni décidé à lui foutre la paix … et ça croyez-le bien qu’il s’en serait tout à fait passé, et il regrettait même d’avoir eut cette soudaine envie d’aller prendre l’air. Attention n’allez pas vous faire des idées pour autant, vous imaginer que notre jeune homme avait peur de Hunter, ou bien le craignait directement d’une quelconque façon … Non, il n’avait juste ni la motivation ni l’envie de se lancer dans une joute verbale où le tenancier serait de toute manière le seul des deux que cela amuserait. Oui mais voilà ; pour l’heure David n’avait malheureusement pas vraiment le choix … Déjà parce qu’il avait dit à Myra qu’il l’attendait ici, et surtout parce qu’en partant et en allant ainsi à l’encontre de ce qu’il avait dit – attendre ici donc – il donnerait de ce fait la satisfaction à Hunter d’avoir gagné. Gagné quoi il ne savait pas vraiment mais ce qui était certain c’est qu’il ne voulait pas contenter Hunter ou bien lui donner une satisfaction quelle qu’elle puisse être.
D’autant plus que contrairement à plusieurs années en arrière, Hunter n’avait plus rien qui pourrait persuader David de le garder à portée de main, de le conserver dans ses petits papiers comme on dit, il ne lui était pour ainsi dire plus d’aucune utilité. Les premiers mois ayant suivis son sevrage David avouait – enfin, il ne l’avouait pas à n’importe qui, hein – avoir craint Hunter au point de ne pas vouloir s’en approcher, ou plutôt il avait craint de ne pas avoir encore rassemblé assez de volonté pour dire non indéfiniment si celui-ci essayait de le récupérer en tant que client fidèle, autrement dit réussissait à le retransformer en camé notoire. Cette désintoxication il l’avait avant tout faite pour pouvoir récupérer Myra, parce qu’il avait été convenu qu’il en ait la garde une fois atteint ses dix-huit ans, mais qu’il ne pouvait décemment pas s’occuper d’un bébé tout en sniffant n’importe quoi … même si le n’importe quoi en question pouvait lui donner pendant deux ou trois heures l’impression d’être invincible et de pouvoir tout gérer comme un chef. Mais aujourd’hui, aujourd’hui il n’avait plus vraiment de craintes à avoir, il n’avait plus rien à craindre de Hunter ou de ce qu’il pouvait bien vendre car il estimait avoir retrouvé une vie bien assez équilibrée pour ne plus se laisser berner par le cadeau empoisonné que représentait la drogue, ou même l’alcool. Voilà pourquoi désormais il n’avait rien d’autre que du mépris à l’égard d’Hunter et de sa façon de se délecter en exploitant la misère d’autrui.

Hunter justement, semblait bien décidé à confondre chacune des réponse de David avec un tremplin destiné à le faire rebondir sur une nouvelle phrase moqueuse, à laquelle David répondait, comme on peut déjà s’en douter un peu, de façon de plus en plus acerbe mais de moins en moins patiente. Dire que Julia avait toujours cru au karma … David lui non, et fort heureusement car dans le cas contraire il serait probablement d’ores et déjà en train de se demander ce qu’il avait pu faire de mal pendant ces derniers jours pour se retrouver tout à coup obligé de supporter la voix et les remarques d’un des deux seuls types qu’il faisait tout pour ne pas croiser dans cette satané ville. L’autre type étant son paternel, par ailleurs beaucoup plus difficile à éviter que Hunter, puisque contrairement à ce dernier il ne passait pas quatre-vingt dix pour cent de son temps dans le seul quartier de Paularino Road.

    « C’est vrai, tu as raison, je ne vois pas pourquoi je parle de renverser ta petite Myra, ce serait si dommage que sa belle chevelure finisse en travers d’un pare-brise. » Sans rien répondre – fallait pas non plus le prendre pour un imbécile – David s’était contenté d’arquer un sourcil l’air de dire Non mais tu t’entends parler ? Parfois un regard valait mieux que mille mots. D'ailleurs, le regard de David suffisait également à traduire le fait que même s'il n'en disait rien, la blague d'Hunter le faisait tout sauf rire. « Ne trouves-tu pas le temps merveilleux aujourd’hui ? Cela doit te changer de Boston, l’air est si pollué dans cette grande ville alors qu’il fait bon vivre à Longside Creek, n’est-ce pas ? » Voilà que maintenant il le prenait au mot et se mettait à lui parler du temps qu’il faisait … Il avait vraiment du temps à perdre, en fait. « C’est vrai … la pollution est ailleurs ici. » Le fait que David regarde Hunter dans les yeux en répondant suffisait à prouver que pour le coup, ce n’était pas de la pollution de l’air qu’il parlait.

Pour en avoir déjà discuté à une ou deux reprises avec Jamie, un des amis d’enfance de Julia mais également un des policier du commissariat de Longside Creek, David avait très vite compris que les trafics en tout genre estampillés McNeely n’étaient pas allés en s’estompant, bien au contraire. C’est bien simple, depuis l’ouragan de 2005 et l’argent qu’il avait versé pour aider à la reconstruction de la ville, même le maire fermait les yeux sur les activités illicites de Hunter et son petit monde … De nos jours, de toute évidence, l’argent pouvait décidément tout acheter, à commencer par l’intégrité.

    « Alors, dites-moi un peu … » David venait de se décider, puisque Hunter voulait jouer au con, alors ils allaient jouer au con, mais une chose était sûre David n’avait pas plus l’intention de perdre que lui. « … votre commerce marche si mal que ça, pour que vous n’ayez pas trouvé mieux qu’un type pris au hasard pour passer le temps ? Décidément, la crise touche toutes les couches de la société ce temps-ci … » Et quand il parlait de couche de la société, inutile de préciser qu’il parlait de la catégorie socioprofessionnelle des frappes et autres individus sans foi ni loi. Bref, McNeely tout craché quoi.

Tu veux discuter, bien, alors discutons, nous verrons bien lequel de nous finira par se lasser de cette mascarade sans intérêt. Sourire trop forcé pour être honnête, et l’air plus ou moins sincère du type qui a décidé d’attendre nonchalamment que ça se passe, David laissait toujours sa main droite tremper dans l’eau de la fontaine tout en attendant la prochaine tentative de Hunter pour se montrer cinglant, ou moqueur. Ou les deux.



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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Mer 7 Sep - 15:02

    Ce qui est marrant parfois, non souvent en fait, c'est que je peux dire tout et n'importe quoi. Enfin, avec moi, on peut s'attendre à tellement de chose. Il y a quelques années, j'aurais parlé de drogue simplement avec David, mais aujourd'hui, j'ai tellement de choses à lui dire. Nous ne nous apprécions pas, c'est réciproque et ça me va très bien. J'avais commencé à lui parler de sa fille, enfin de celle qui venait de partir je ne sais trop où. Je n'étais pas machiavélique au point de tout savoir de son emploi du temps quand même, quoique, ce serait un bon moyen de faire comprendre à ce paramedic d'abandonner le navire Dancing King, sauf s'il voulait bien entendu faire partie de mon équipe, je n'étais pas contre du tout. Enfin, là, c'était un doux rêve, surtout qu'il savait si bien ce que pouvait faire la drogue sur le corps et l'esprit, c'est tellement apaisant. D'ailleurs depuis qu'il est sevré, enfin selon ce qu'il dit, la paix de l'esprit ne doit pas être très présente, et puis, sa pauvre femme tragiquement disparue, c'est moche quand même, très moche ce qui lui arrive. Je me demande ce qu'il aurait fait si elle était toujours là. Serait-il revenu par ici . Possible, ou pas, je ne suis pas télépathe même si parfois ça me plairait bien, je pourrais encore plus appuyé là où cela fait mal, très mal, et je sais que cet homme en face de moi est torturé, qu'il a beaucoup de cicatrices qui ont du mal à être refermée. Mon Hanna aussi a quelques cicatrices, mais ce n'est pas la même chose, et puis je ne lui veux pas de mal. Remarquez, à David non plus, je profite seulement de l'occasion pour lui mettre les points sur les i, ça ne peut pas lui faire de mal. Cela le ferra réfléchir, du moins j'ose espérer, peut être qu'il pourrait devenir un ennemi à ma mesure, et pas ce fainéant du cerveau. Oui parce qu'il ne faut pas dire, mais la drogue, ça vous flingue les neuronnes à une vitesse improbable, et du coup, il doit lui en manqué quelques uns, ou alors ce sont les synapses qui font que les connexions sont mauvaises. Je ne le sous estime pas, je constate simplement, une vérité qui fait mal à entendre, mais c'est comme ça, que voulez vous. Si j'avais voulu le provoquer, je l'aurais pousser dans la fontaine, qu'est ce que cela aurait été marrant, mais le moment n'était pas venu, peut être à la fin de notre conversation amicale, et encore, l'offrande serait trop facile à donner. Je n'étais pas là pour le torturer physiquement, cela fait mal sur le moment puis plus rien. La torture plus psychologique fait mouche à chaque fois, histoire de simplement mettre le doute sur une chose, de faire perdre l'espoir. Un peu comme aux temps du roi Arthur, avec Guenièvre et Lancelot (Avalon High dédicace What a Face). Vous ne connaissez pas l'histoire ? Tant pis pour vous, vous n'aurez qu'à vérifier vos livres d'histoire pour savoir, cela ne peut pas vous faire de mal. Cette conversation ressemblait à s'y méprendre à une partie de poker menteur. Chacun y allait de son petit bluff, sans prendre gare des intimidations et des relances de l'autres. Je dois dire que cette conversation semblait bien vide en regardant de plus près son contenu, mais un peu de blablatage ne peut pas faire de mal pour renouer avec de vieilles connaissances, n'est ce pas ?

    Je le savais, je l'insupportais, ça se voyait sur son visage, sur son ton de parole, et si je me voulais sarcastique, il semblait vouloir l'être tout autant même s'il ne s'en rendait pas compte, mais sans doute perdait-il patience au fil des secondes, des minutes qui s'égrainaient en cette belle journée. C'est vrai que le temps est précieux, et manque de chance pour lui, j'avais beaucoup de temps en cet instant précis. Je n'avais aucun but à la base si ce n'est celui de marcher tranquillement dans la ville. Il faut dire que j'ai peu de personne à visiter, tout le monde vient à moi en général, et pas le contraire, je suis très demandé que voulez-vous ! Je parlais, mais il ne semblait pas bavard, il arqua un sourcil quand j'ai parlé de Myra, mais en agissant de la sorte, il en disait mieux que s'il m'avait parlé. Il tenait à la petite, et je n'avais aucune raison de lui faire du mal. Elle était très belle cette petite blonde, il faudrait un jour que je la rencontre en tête à tête (aa), histoire que nous fassions un peu connaissance. Pas aujourd'hui bien entendu mais plus tard, sans doute, un peu plus tard. Elle était là depuis peut être une année, un peu plus sans doute, je n'ai pas vraiment fait attention. Puis je parlais du temps qu'il pouvait faire à Boston. Je me souviens d'ailleurs y avoir passé du bon temps, plusieurs fois. La première fois cela doit remonter à 16 ou 17 ans, le même âge que sa fille étrangement, mais ce n'est sans doute qu'une coïncidence (aa). Il me regarda alors dans les yeux en me disant que la pollution est ailleurs dans cette ville. Il avait raison sans doute, l'eau devait être pollué ici, l'air un peu moins, sauf si je me trouve non loin de lui. J'avais clairement compris son allusion, mais pour moi, c'était plus un compliment, cela voulait dire que j'avais la réputation que je voulais avoir. Enfin, David le savait plus que n'importe qui dans cette ville que je pouvais pollué votre âme avec un peu de poudre blanche, un peu de farine si vous voyez ce que je veux dire. La réplique suivante de Sullivan me donna intérieurement le sourire, il semblait avoir décidé de jouer mon propre jeu. Il semblerait que cela fonctionne. La crise, et oui, cela aurait pu faire mal à mon commerce mais je n'ai pas trop ressenti cela, ça fonctionne bien, sans parler des trafics que je fais, les gens continuent à venir prendre du bon temps, rien que ça. J'avais presque envie d'être moqueur, mais puisqu'il voulait mener la danse, je le laisserais bien faire pour voir jusqu'où il pourrait aller. Moi, je suis un petit innocent qui n'a rien demander de plus.

    " Et oui, la crise est passé par là que veux-tu, mais je ne suis pas le seul à gérer mon business, alors je me promène dans la ville, histoire de profiter tranquillement de la vie sans la pression du travail. "

    S'il lisait bien entre les lignes, il pourrait voir que finalement, je n'en avais rien à faire de lui. Le hasard, si on peut dire ça, avait fait que je l'avais rencontré, mais j'aurais très bien pu passé ici quelques minutes avant sans le croiser. Le destin, le karma, ou ce que vous voulez y avait peut être jouer un certains rôle, mais je m'en fichais pas mal. Je voulais voir ce qu'il avait à me dire. Je pliais alors les genoux pour être un peu plus à sa hauteur comme pour lui dire que j'attendrais patiemment, que j'avais tout mon temps pour discuter gentiment avec lui. Mon heure sonnerait quand sa fille reviendrait, histoire qu'elle me voit, et qu'elle lui demande qui j'étais, que sa curiosité soit piqué au vif pour que je puisse passé à la suite de mon plan pour la petite famille Sullivan.

    " Mais tu sais David, si tu veux, je peux te proposer une place de luxe au Dancing King, tu pourrais gagner bien plus qu'actuellement, surtout que tu connais bien le produit. "

    Oups, désolé, je n'ai pas pu m'en empêcher, j'abattais ainsi une nouvelle carte, juste histoire de voir sa tête me dire non, et d'entendre ces paroles bien senties au sujet de cette proposition qu'il refuserait sans même y réfléchir.


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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Dim 11 Sep - 22:53

David se souvenait encore de l'impression qu'il avait eut la première fois qu'il avait remis les pieds à l'intérieur du Dancing King ; C'était il y a un peu moins de deux ans, la toute première fois que David était venu récupérer une brebis égarée au night-club. David n'en avait pas parlé à Julia lorsqu'il était rentré, ou du moins il ne lui avait pas dit précisément où il était allé, parce qu'elle lui avait fait promettre de ne plus jamais remettre les pieds là-bas et même s'il savait que c'était pour la bonne cause il se sentait penaud et fautif de ne pas avoir tenu parole. Et puis il fallait bien avouer que le jeune homme n'en menait pas large au moment de rentrer dans l'établissement ce jour là, et sans dire qu'il n'était pas rassuré disons plutôt qu'il n'était pas à l'aise, il avait même tergiversé une bonne dizaine de minutes dans sa voiture avant de prendre son courage à deux mains. Il se souvenait d'avoir croisé les doigts pour ne pas tomber sur Hunter, et bien qu'il se soit largement rattrapé depuis ce soir là ses paroles avaient été entendue, et il n'avait rencontré que Duncan. Il se souvenait même encore de ce que ce dernier lui avait dit lorsqu'il l'avait vu s'avancer vers le comptoir du bar « Tiens, tiens ... regardez qui nous rend une petite visite. C'est sympa de ta part de revenir voir les vieux potes. » Autant dire que David s'était senti mal à l'aise, bien plus qu'il ne l'avait montré. C'était Duncan qui le premier l'avait mis en relation avec le Dancing King, c'était lui le lien entre le lycée et le lieu de débauche qu'était le night-club de sa famille ... et finalement David s'était dit que c'était plutôt pour ne pas avoir affaire à Duncan qu'il aurait du croiser les doigts. Quoi que Duncan au fond ce n'était que de la gueule, pas sûr que de lui-même il réussirait à garder le Dancing King sur pieds, c'était un bon exécutant mais il n'avait pas l'air d'être assez futé pour mener la barque tout seul. Non pas que David imagine un seul instant Hunter laisser la boutique à son cousin, à vrai dire il avait plutôt tendance à penser que tel un capitaine qui coulait avec son navire, Hunter serait du genre à couler avec son night-club. David espérait seulement être là pour voir ça, le jour où il prendrait l'eau de toutes parts.
Cela dit ce n'était pas encore pour demain, il ne fallait pas se voiler la face, même si rêver un peu de temps en temps ne pouvait pas faire de mal. Hunter semblait pour le moment bien trop intelligent pour se faire prendre, mais l'intelligence utilisée à ce genre de fins amenant souvent à l'arrogance il y avait fort à parier que c'était à force de se croire au dessus de tout risque que le sieur McNeely irait un jour à sa perte. Ouais, c'était là la seule solution de toute manière, parce que ce n'était pas le genre de commerce qui finirait par fermer boutique faute de client ... C'est fou comme pour se mettre plus bas que terre et sombrer dans la débauche la plus totale il y avait toujours une foule de candidat. Mais là-dessus David n'avait bien évidemment pas de leçon à donner à quiconque, cela va sans dire. Et s'il ne faisait désormais plus office de client pour Hunter, d'autres avaient du prendre sa place aussi vite que lui était partit.

    « Et oui, la crise est passé par là que veux-tu, mais je ne suis pas le seul à gérer mon business, alors je me promène dans la ville, histoire de profiter tranquillement de la vie sans la pression du travail. » Bon, au moins David pouvait se rassurer Hunter n'était pas juste sortit prendre l'air dans l'espoir d'embêter son monde, et lui en particulier. Non pas qu'il l'ait pensé ... qu'il fasse une fixation sur lui je veux dire, parce que pour ce qui était d'emmerder le monde David aurait mis sa main à couper que cela restait une de ses activités favorites même si ce n'était pas son but premier aujourd'hui. « Je vois. Enfin sauf pour la pression du travail là j'avoue que j'ai du mal à m'imaginer, mais passons. » C'était dit sur le ton de la conversation la plus banale qui soit, mais ce n'en était pas moins tout à fait ironique. La pression du travail, si c'était pas l'hôpital qui se foutait de la charité ça.

S'il y avait bien une chose dont David était certain, c'était de ne jamais avoir cautionné le 'métier' de Hunter. Qu'on soit bien clair, il en avait bien profité à l'époque où il avait eut besoin d'un dealer à tout prix, dans cette ville de paumés où on n'avait pas la possibilité de choisir son dealer au feeling comme dans une grande ville, ça il ne le niait pas. Mais pour autant il n'avait jamais porté l'occupation de dealer dans son estime, pour lui les gens comme Hunter ou Duncan gagnaient leur vie sur la misère profonde des gens, sur le pathos dans toute sa splendeur, et c'était on ne peut plus méprisable à ses yeux. C'était à cause de gens comme Hunter qu'il était tellement difficile de sortir de la spirale de l'addiction une fois qu'on y avait été aspiré, et qu'on se retrouvait prêt à vendre jusqu'à son âme et sa dignité pour une dose de plus. C'était une des raisons pour lesquelles David était devenu parrains aux dépendants anonymes, parce qu'il voulait réussir à faire comprendre à d'autres qu'on pouvait toujours s'en sortir si on savait écouter les bonnes personnes, et accepter le fait même que l'on avait un problème.
Et c'est sur ce genre de pensées philosophiques que le jeune homme fut interrompu par Hunter, qui décidément avait décidé de se la jouer comique aujourd'hui. Après les menaces pas bien sérieuses mais pas bien agréables à entendre pour autant, voilà donc maintenant les propositions farfelues ... et quelle proposition, heureusement qu'il ne parlait pas sérieusement. Parce qu'il ne parlait pas sérieusement n'est-ce pas ?

    « Mais tu sais David, si tu veux, je peux te proposer une place de luxe au Dancing King, tu pourrais gagner bien plus qu'actuellement, surtout que tu connais bien le produit. » David avait laissé échappé un éclat de rire. Enfin, pas un 'éclat' non, plutôt ce genre de rire inconscient qui voulait dire rassure-moi c'est une plaisanterie ? Et puis vous remarquerez le surtout que tu connais bien le produit qui avait de quoi vous crisper légèrement. « Vous êtes un marrant vous hein. » avait-il donc répondu en secouant légèrement la tête. Franchement que vouliez-vous qu'il réponde d'autre à ça, ce n'était même pas vraiment drôle comme 'blague' en plus. « Mais sans vouloir vous décevoir je ne pense pas être l'homme de la 'situation' ... j'ai changé d'orientation. » Parfaitement, y'en a qui passaient de la fac' de droit à la fac' de langue, et bien lui c'était pareil il s'était réorienté et avait abandonné la filière drogues en tous genres.



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En sortant du Dancing King

MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Jeu 3 Nov - 17:05

    Bon, je crois que je commençais à me lasser un peu de ce David Sullivan. Il y a de quoi bien s'amuser avec lui, mais les limites commençaient à être atteinte là. Oui, je sais, elles avaient été finalement atteintes plus vite que je ne l'avais pensé mais que voulez vous ? J'avais bien envie de lui faire un peu de torture psychologique mais il était barbant, encore plus que la petite barbe naissante qu'il laissait poussé un peu comme moi. Sans doute un hasard d'ailleurs, car je doute que cet effet de mode soit copié l'un sur l'autre, je n'ai rien à apprendre de cet ex-zombie sniffeur de cocaïne ou je ne sais trop quoi, en tout cas c'était de la drogue, cela ne fait aucun doute. Ce petit jeune homme était finalement sans intérêt comme je le pensais, il essayait de me répondre mais ces vannes étaient encore pires que les miennes, c'était quand même terrifiant qu'il tombe si bas rapidement. J'essayais de lui proposer quelques choses de concret mais il n'en voulait pas. Le pire c'est qu'il pourrait au moins offrir plus de choses à sa fille et vivre plus aisément. Bien entendu, il ne gagnerait pas non plus la lune, mais il connaissait le produit, il saurait le vendre, bien comme il fallait et puis être un peu mauvais garçon ça pourrait lui attirer de belles jeunes femmes quand même, vous ne pensez pas ? Il devait être seul avec sa fille et le travail, une jeune femme, ou une femme un peu plus mûre ne pourrait pas lui faire de mal, j'en suis certains mais à moins humble avis, il était surement bien comme ça, pas de femme à supporter, pas de belle-mère à aller voir une fois par mois ou un peu plus. Vous me direz, avec Hanna je n'irais sans doute jamais voir belle-maman mais c'était un cas un peu plus particulier il faut bien le dire. Bref, je le regardais dire ces bêtises. J'avoue que le fil de notre conversation ne volait pas très haut mais c'était bien de sa faute, il aurait pu essayé d'être complaisant en me voyant mais il avait tiré une tronche longue de 3 kilomètres comme s'il avait vu son pire ennemi, comme s'il avait vu le Diable. Quoique, j'étais peut être ceci pour ce paramedic, non ? Possible, en tout cas ça ne me dérangeait pas le moins du monde, c'est clair.

    Nous parlions donc rapidement du travail, je lui disais que j'étais ici pour échapper à la pression du travail, chose qu'il ne comprenait pas. Pourtant, il y avait une grosse pression sur mes épaules, car garder un établissement de la sorte à flot ce n'est pas chose si facile que ça. C'est sur que ce n'est pas la même pression que pour lui, je n'ai pas à sauver de vie, quoique, avec un peu de drogue ou de boisson, ça sauve un homme parfois. Mais je devais faire avec beaucoup de monde, je devais ne pas me faire prendre dans les différents trafics que je faisais, tout devait paraître clean, blanc comme neige, sinon, je risquais de finir comme mon papounet et je n'en avais pas la moindre envie. Je devais gérer mon règne d'une main de maître comme jamais quelqu'un d'autres ne pourrait le faire. Je le savais, sans doute qu'un jour je devrais vendre, que je me rangerais, que je rentrerais dans le rang mais ce n'était pas encore pour maintenant, dans plusieurs années peut être je pourrais me permettre de prendre une petite retraite tranquille, pépère, je ne sais où dans un paradis fiscal comme les îles Caïman ou des îles vierges, je ne sais trop où. Cela me tentait bien, mais pas tout de suite, j'avais encore pas mal de choses à vivre à Longside Creek. La ville voulait encore de moi, alors pourquoi ne voudrais-je plus d'elle ? La police était à des millénaires de m'avoir alors j'étais plus que tranquille. Bref, le futur nous diras si oui ou non je partirais loin d'ici ou si je finirais mes jours en prison. Je lui proposais donc une place en or au Dancing King. Cela aurait de quoi le déstabiliser un petit peu logiquement, mais il lui en faudrait plus. Mais sa réaction me donna raison, il eut un petit éclat de rire, c'est vrai que c'était marrant, je lui proposais du travail, bien rémunérer, mais il n'en voulait pas. Qui dans ce bas monde en cette période de crise n'en voudrait pas ? Mais ce n'était pas cela qui le faisait le plus rire. C'était le fait qu'il connaisse bien le produit. Oui, il avait goûté un peu à tout certainement. Il me confirma alors que j'étais un type drôle. Non, sans blagues, tu me trouves marrant ? Et puis il continua sur le fait qu'il n'était pas l'homme de la situation parce qu'il avait changé d'orientation. Comment devais-je interprété cela ? Il avait changé d'orientation sexuelle peut être ? Il était devenu gay ? Voilà pourquoi il n'avait pas de petites amies alors, ceci explique tout. Je faisais alors un petit pas de recul, on ne sait jamais ce qui pourrait lui passer par la tête, n'est ce pas ? Mais je souriais alors, parce que je riais de mes propres pensées. Déjà qu'il me trouvait marrant, si je lui sortais qu'il était devenu gay parce qu'il avait changé d'orientation, il serait prêt à me lancer des tomates pourries à la figure, non ?

    " C'est bien dommage que tes orientations ne soient plus les même nous aurions pu faire de grandes choses ensemble tu sais. Mais de toute évidence, tu n'en a pas envie. Tu ne veux pas un peu de poudre d'ailleurs ? J'en ai un petit peu dans la poche là. Tu pourrais me dire si tu trouve que le produit est toujours aussi bon après quelques années de sevrage, n'est ce pas ? "

    Je bluffais évidemment, mais qu'est ce que j'aurais voulu avoir sur moi un petit sachet juste pour lui faire envie. Je lui montrais simplement la poche intérieure de ma veste, comme pour lui dire qu'il n'avait plus qu'à se servir, je lui l'offrais.


Combien de temps Hunter survivra-t-il encore ?

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MessageSujet: Re: Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ? Sam 4 Fév - 0:40

Si David n'avait plus aucun besoin de faire la conversation à un personnage comme Hunter pour savoir qu'il le méprisait, leur conversation en tous les cas ne faisait que confirmer tout cela ; Il méprisait Hunter, et il méprisait les types dans son style de manière plus générale. David n'était pas quelqu'un de prétentieux, il manquait à vrai dire bien trop de confiance en lui pour cela, mais il ne pensait pas avoir besoin de l'être pour estimer valoir bien mieux qu'un type comme Hunter McNeely. L'estime qu'on pouvait avoir de quelqu'un qui gagnait sa vie sur la misère de gens, et qui en plus trouvait cela tout à fait plaisant n'était forcément pas très élevée ... Mais aller essayer de le lui faire comprendre c'était comme tenter d'attraper de l'eau avec ses doigts, c'était impossible et cela représentait une perte de temps considérable. Et David avait terminé voilà longtemps de perdre son temps avec Hunter ou ses semblables. Il ne savait pas trop ce qui poussait l'homme à rester pour lui faire la causette soi-dit en passant, David n'avait pas l'impression d'avoir une attitude qui pourrait lui donner l'impression qu'il appréciait de faire la causette avec lui, à vrai dire c'était même tout le contraire puisque notre jeune homme cachait relativement mal son agacement ... Celui-ci ne faisait en fait que s'accroitre dès qu'Hunter ouvrait la bouche pour s'adresser à lui, pourquoi fallait-il qu'il ait autant de temps à perdre, n'avait-il donc pas des lycéens à aller terroriser, des employés à tyranniser ou bien un cousin à dominer ? Se divertir au dépend des autres en tout cas, c'était carrément un mode de vie lorsqu'il était question du patron du Dancing King.

    « C'est bien dommage que tes orientations ne soient plus les même nous aurions pu faire de grandes choses ensemble tu sais. Mais de toute évidence, tu n'en a pas envie. Tu ne veux pas un peu de poudre d'ailleurs ? J'en ai un petit peu dans la poche là. Tu pourrais me dire si tu trouve que le produit est toujours aussi bon après quelques années de sevrage, n'est ce pas ? » David avait finit par se lever et quitter ainsi le rebord de la fontaine sur lequel il était assis depuis le début de la conversation, n'ayant pas jugé nécessaire de se lever pour "accueillir" quelqu'un avec qui il n'avait déjà aucune envie de parler. Les bras croisés, il regardait Hunter avec un mélange de mépris et de moquerie ; Si tenté qu'il ait pu le mériter David aurait presque eut de la peine pour cet homme, qui trompait l'ennui en s'amusant au dépend des autres parce qu'il ne pouvait rien attendre d'autre. « Arrêtez de faire comme si on se connaissait parce que c'est pas le cas, d'accord ? » David n'avait plus envie de jouer, il n'avait même plus de patience à utiliser. Ce type lui faisait l'impression du charognard qui revenait pour tenter de bouffer jusqu'au dernier millimètre de viande sur une carcasse qu'il avait déjà bien assez abimé. « Qu'est-ce que vous essayez de faire ? Ne me dites pas que vous êtes assez naïf, voir même stupide, pour ne serait-ce qu'espérer que je vais rentrer dans votre jeu ... » Il ne savait même pas pourquoi il gaspillait sa salive pour cela, Hunter n'était de toute évidence plus à sauver, c'était le fruit pourri du panier, celui dont on savait pertinemment que l'on ne pouvait de toute manière plus rien tirer de bon. « Vous pouvez terroriser les gamins du coin et essayer de les tenir en leur vendant des saloperies, mais vous achèterez jamais leur respect, j'ose espérer que vous en avez au moins conscience. »

Et là bien sûre inutile de vous faire un dessin, vous deviez avoir compris tous seuls comme des grands qu'il parlait d'expérience. Parce qu'il fallait être clair sur un point, David avait peut-être été un client assidu du Dancing King durant son adolescence, le night-club des McNeely étant le seul endroit en ville et aux alentours où l'on pouvait se fournir en substances illicites ou qu'un peu d'herbe, mais pour autant il n'avait jamais eut la moindre estime pour Hunter ... Il avait profité du système, comme n'importe lequel des toxico il pouvait devenir prêt à presque n'importe quoi pour avoir sa dose à temps, mais ce n'était pas pour autant une raison pour ne pas avoir conscience du vautour qu'était Hunter déjà à l'époque. Le toxico qui s'égosillait pour dire qu'il n'avait pas de problème était un menteur, ils savaient tous qu'ils avaient un problème même s'ils ne voulaient pas l'avouer devant témoin, et s'ils étaient au courant de leur situation ils étaient tout aussi au courant de la façon dont les gens comme Hunter McNeely profitaient d'eux autant que l'occasion leur en était donnée. Même à cette époque David n'avait jamais considéré Hunter autrement que comme quelqu'un de méprisable, alors pour ce qui était de le respecter vous vous doutiez bien qu'il ne fallait pas trop compter dessus.

Ils furent finalement interrompus par les jappements du berger allemand qui débarrassé de sa laisse courrait plusieurs mètres devant Myra et vint finalement s'arrêter quelques instants aux pieds de David en remuant la queue avant d'aller tremper son museau dans l'eau de la fontaine pour se désaltérer. Myra à son tour était arrivé à leur hauteur, sans Sully, ce à quoi elle donna bien vite une explication tout en jetant des œillades interrogatrices dans la direction d'Hunter

    « Sully avait des trucs à finir, il nous rejoint à la maison. J'interromps quelque chose ? » David acquiesça d'un signe de tête mais il se sentait crispé rien que par l'idée que sa fille puisse être dans le champ de vision d'Hunter ; Son instinct de père le rendait forcément méfiant, encore plus lorsqu'Hunter posait les yeux sur Myra que lorsqu'il ressortais les vieilles frasques de David pour faire la conversation. « Rien du tout. »



There’s someone I’ve been missing, I think that they could be the better half of me. They’re in the wrong place trying to make it right, but I’m tired of justifying so I say to you ... Come home, come home, 'cause I’ve been waiting for you for so long, for so long. And right now there's a war between the vanities, but all I see is you and me, the fight for you is all I’ve ever known ... So come home.

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Un peu de torture psychologique, ça ne fait pas de mal, non ?

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