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 [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)

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MessageSujet: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Sam 25 Oct - 12:00


troubles ain't what they seem. it's not that i'm afraid you : i'm not. i'm afraid of me, of what i could do. of what i could think. dailytvshows, .narnienne


Betty poussa un long soupir, qui en disait long sur son état. Avachie dans le canapé deux places qui faisait face à la télévision, elle fixait l'écran éteint. Elle leva son bras et porta son poignet à hauteur de visage, ses yeux s'écarquillant et ses lèvres grimaçant comme à chaque fois qu'elle avait le malheur d'apercevoir un bout de son anatomie squelettique. Sa condition s'était considérablement détériorée au fil des mois, et plus le temps passait, plus elle empirait. Ceux qui savaient la raison de son mal-être pourraient penser qu'elle réagissait de manière excessive, qu'elle exagérait sa culpabilité, son faible appétit, ses insomnies. Mais, le pire dans tout ça, c'était peut-être le fait que justement, elle n'exagérait rien. Betty avait toujours été le genre de fille sage, adorable, généreuse, qui faisait passer le bonheur de sa famille et de ses amis avant le sien, qui ne créait pas d'histoires et qui n'avait jamais commis de grosse erreur. Alors, tromper son fiancé avait remis en question tous ses principes, tout ce qu'elle était. L'adultère était quelque chose d'inconcevable pour elle, jusqu'au moment où en elle avait été sujette. Elle avait depuis le sentiment d'être un monstre, de ne mériter l'amour et l'amitié de personne. Elle ne se sentait plus elle-même, elle avait l'impression d'être devenue une complète autre personne. Mais, malgré tout ça, elle n'était pas arrivée à cracher le morceau ; c'était tout simplement impossible. Elle avait bien entendu des histoires de filles qui trompent leur copain, ou vice versa, qui regrettent un peu, mais pas tant que ça, et qui finissent par l'avouer au bout de quelques temps. Souvent cela se termine en disputes, mais même si beaucoup de couples rompent après, ce n'est pas systématique. Malgré le fait que Betty pourrait avoir un espoir de ne pas être séparé de Natan après son aveu, elle n'y arrivait tout simplement pas. Ce serait pourtant bien son caractère, de s'excuser, de dire ô combien elle était désolée, qu'elle ne recommencerait jamais. Néanmoins, ce serait admettre définitivement qu'elle avait trahi le seul qu'elle n'ait jamais aimé, qu'elle n'était dorénavant plus une personne de confiance. Betty reposa lâchement sa main sur le canapé, à bout de forces. Tout ça, elle y repensait encore et encore, sans répit. Sans arriver à trouver de solution. Elle se partageait à cinquante pour cent entre dire et ne rien dire. Entre briser son couple et détériorer sa santé. Entre perdre l'homme de sa vie et se perdre elle-même.

Quoiqu'il en soit, Natan était toujours là. Il n'avait pas fuit malgré le silence de sa fiancé, et patientait pour qu'elle lui dise ce qu'elle avait sur le cœur. Il ne la brusquait pas, il n'insistait jamais. Il savait que si elle voulait se confier, elle le ferait. En attendant, il patienterait sagement. Parce qu'il l'aimait. Ils n'avaient plus fait l'amour depuis plus de trois mois, mais il s'en moquait. Ce n'était pas important. Rien n'importait, en dehors du bonheur de Betty. Un peu plus tôt dans la matinée, Natan l'avait quitté après l'avoir embrassé sur le front, pour aller étudier à l'université. Il lui avait qu'il en aurait pour la journée, qu'elle n'avait pas besoin de l'attendre pour le dîner, et merci encore de recevoir le plombier. La rousse était donc là, sur le sofa, attendant que ledit plombier arrive. Elle ne travaillait pas aujourd'hui, alors c'était elle qui avait eu la tâche de l'accueillir. Ça ne l'a dérangeait pas. Plus rien ne la dérangeait vraiment. Quand il toquerait, elle ouvrirait à un vieux bedonnant, elle lui montrerait la cuisine et le lave-vaisselle qui fuyait, et elle s’assiérait à une chaise pour s'assurer qu'il ne fasse pas n'importe quoi, ou tout simplement qu'il ne s'amuse pas à voler des objets par-ci par-là. Quand il aurait finit de réparer, elle lui serrerait la main, fermerait la porte derrière lui et s'écraserait dans son canapé à nouveau. Non, vraiment, ce n'était rien de compliqué.

Toc, toc, toc.

Betty se leva mollement, passa une main lasse dans sa crinière terne et appuya sur la poignée. Le cœur de la rousse se serra et son estomac se contracta douloureusement. Le plombier n'était pas du tout vieux, encore moins bedonnant. Non, 'Monsieur Hastings' était jeune, et beau. Elle tendit sa main à regret, murmurant faiblement un petit « Bonjour ». Il ne manquait plus que ça. Il ne manquait plus que Betty le trouve beau. Qu'elle le trouve attirant. C'était quoi son problème, à la fin ? Sans un mot, elle lui fit signe d'entrer, et referma la porte. Elle resta quelques secondes immobile, avant de prendre une grande inspiration et de se retourner. Elle passa devant le plombier et se dirigea vers la cuisine, à quelques mètres de là. Elle se posta devant le lave-vaisselle et le pointa du doigt. « Il fuit » lâcha-t-elle sèchement. Il ne fallait surtout pas qu'elle se montre aimable avec lui. Surtout pas. Betty avait bien trop peur de ce qu'il pourrait se passer. En fait, elle avait l'impression d'être une criminelle. Elle avait trompé son fiancé une fois, alors pourquoi pas deux ? Même si cette pensée était complètement invraisemblable – après tout, on ne couchait pas avec son plombier ou n'importe qui que l'on trouvait mignon simplement parce que l'on en avait envie – elle ne cessait de hanter Betty. « Je ne sais pas trop comment ou pourquoi mais il fuit. » C'est tout ce qu'elle se contenta de dire, avant de sortir de la pièce. Comme elle l'avait prévu, elle se posta sur une chaise, accoudée à la table qui donnait sur la cuisine. De là, elle pouvait observer le plombier qui était de dos, elle pouvait s'assurer, comme le lui avait demandé Natan, qu'il ne casse rien, qu'il ne vole rien. Après tout, à Paularino Road, on n'était jamais trop prudent. Le regard de Betty parcouru le corps du plombier. Il était grand, musclé. Châtain clair. Agile. Tout ce qu'était Anatol, celui avec qui elle avait trompé son fiancé. La respiration de la jeune femme s'accéléra. Elle se prit la tête dans les mains, terrifiée. Terrifiée de penser que, malgré la culpabilité qui la rongeait, sa conscience n'excluait pas de tromper Natan une nouvelle fois. Betty serra la mâchoire. Que ce plombier se dépêche. Qu'il se dépêche de réparer, qu'il se dépêche de partir. Qu'il parte, vite.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Dim 2 Nov - 23:02




Loin étaient les heures où tu pouvais simplement penser au lendemain. Loin était ce temps om tu souriais sincèrement. Tu n'étais qu'un trop plein d'hypocrisie, les faux-semblants te collaient à la peau. Les gens te regardaient de loin uniquement. Au début, tu ripostais. Au début, tu les envoyais sur les roses à l'aide de répliques cinglantes, des répliques qui te brûlais les lèvres. Plus personne ne croyait à la légitime défense, plus personne ne vouait voir en toi un innocent. Aujourd'hui, tu t'en moquais éperdument. Du moins, tu faisais semblant de laisser les injures, les messes basses et les regards en coin de côté. Intérieurement, tu étais blessé. Toute ta vie, tu avais souffert. L'absence d'une mère, la violence d'un père, tout le monde avait oublié ton placement en famille d'accueil. Tout le monde avait oublié qui était le Maël d'avant. Toi aussi parfois, tu oubliais ce mec que tu avais été, simplement parce que tu avais tué un homme. Parce que tu avais tué ton père. Heureusement pour toi, tu arrivais à trouver quelques clients pour ton entreprise. Généralement en dehors de la ville. Longside Creek n'était plus ton havre de paix. C'était un enfer, un cauchemar éveillé. T'aurais voulu partir, tout quitter mais elle était là. Dylan, la femme que tu aimais depuis tant années. La femme de ta vie en somme. Celle que tu aurais voulu épouser cinq ans auparavant. Ta vie aurait été tellement différente si tu avais pu être avec elle, autrement que comme un amant. Un amant, un simple amant. C'était pour elle que tu restais. Uniquement pour cette fille aux cheveux bruns.

Quelqu'un t'avait appelé la veille pour une fuite sur un lave-vaisselle. Pour toi, ce n'était pas grand chose, sans une doute une pièce usée. Tu avais noté l'adresse, avait pris rendez-vous. Rien de plus. Tu t'étais rendu là-bas dans ta vieille camionnette, à l'heure prévue. Paularino Road. Le quartier avait un aspect peu agréable. Les immeubles étaient salis par l'eau de mer, les trottoirs n'étaient pas toujours propres. Tu aurais pu être habitant de ce quartier, vivre dans ces rues pas toujours bien fréquentées. Tu aurais pu t'y plaire, t'y sentir chez toi. Ici, les gens se fichaient plutôt de qui tu étais. T'aurais pu être apprécié sans doute. Tu avais rejoint l'appartement, le numéro cinq.
Toc, toc, toc.
La porte s'était ouverte sur une jeune rousse, au visage creux, au corps squelettique. Il manquait l'harmonie chez cette femme. Il manquait la joie, la vie. Tu t'attendais à un homme, sans doute à cause de la voix masculine que tu avais eu au téléphone hier. Peu t'importait. « Bonjour, Mr Hastings, je viens pour le lave-vaisselle. », disais-tu en lui serrant sa main trop fine pour la tienne, épaisse et brutale. Tu ne remarquais rien, tu la suivais simplement. « Oui, votre ... ami me l'a dit au téléphone. » Le ton de la jeune femme était si froid, tu en étais presque mal à l'aise. Pour toi, une fois encore, cela recommençait. Une fois encore, tu n'étais pas le professionnel mais le meurtrier. Elle se contenta d'une phrase banale avant de sortir de la pièce. Tu t'étais plongée dans le travail, essayant de repérer le problème de l'appareil. Quelques minutes avaient suffit pour trouver la source. « Excusez-moi, où puis-je couper l'eau ? Question banale, mais il te serait plus simple pour réparer le lave-vaisselle si l'eau ne coulait plus. Ce n'était pas forcément indispensable, tu n'étais même pas sûr que l'appartement soit doté de sa propre arrivée d'eau et tu n'avais pas les autorisations pour couper l'eau dans tout l'immeuble. La jeune femme restait froide, de quoi te mettre en colère. « Est-ce qu'il y a un problème ? Si ma présence vous gêne, je peux m'en aller et vous envoyer quelqu'un d'autre. » Fini la diplomatie, tu en avais assez de la froideur des gens, des regards à glacer le sang. Tu n'es qu'un simple humain, pas un monstre.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Sam 8 Nov - 12:06


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Betty tapotait nerveusement ses doigts sur la table, l'un après l'autre, tantôt avec une lenteur démesurée, tantôt extrêmement rapidement. Elle serrait la mâchoire et contractait tous les muscles de son corps, son regard ne quittant pourtant pas le plombier, alors même qu'il était la source de sa tension. Votre ami me l'a dit. Elle repensa à cette phrase pourtant si banale qu'il lui avait dit quelques minutes plus tôt. « Mon fiancé » aurait-elle aimé répondre, mais elle ne l'avait pas fait. Elle aurait pu, si elle affichait une mine heureuse, amoureuse, mais ce n'était pas le cas. Cela aurait paru inapproprié de corriger la qualification de Natan pour préciser qu'il était son fiancé alors qu'elle ne savait même plus où elle en était. Elle était sûre de l'aimer, oui, mais plus certaine qu'ils étaient toujours engagés pour se marier. Il valait peut-être mieux que Natan soit perçu comme un ami, plutôt que comme le fiancé d'un squelette. Monsieur Hastings aurait pu penser qu'il la maltraitait, alors que Betty se tuait toute seule. Elle ne voulait surtout pas que son petit ami passe pour le méchant dans l'histoire, alors qu'il était tout le contraire.

Betty se demanda pourquoi le plombier mettait tant de temps à réparer ce maudit lave-vaisselle, alors que cela faisait seulement cinq minutes qu'il s'y était attelé. La rousse n'en pouvait déjà plus. Elle voulait qu'il s'en aille, ou que Natan revienne. Mais ça, c'était beaucoup moins probable. Pour se changer les idées, elle s'imagina qu'il était là, elle s'imagina qu'elle l'embrassait. Mais le visage d'Anatol revenait à chaque fois et quand elle rouvrait les paupières c'était le sien, et pas celui de son fiancé, qu'elle voyait. Betty se pinça les lèvres, honteuse. Pourquoi donc Natan avait-il fait appel à un plombier qui ressemblait tant à son amant ? Elle était idiote. Complètement bête. Il ne pouvait pas le savoir, bien sûr. Elle eut presque envie de rire nerveusement. Monsieur Hastings revint dans la salle et sortit Betty de ses pensées. En levant son regard vers lui, elle se rendit compte qu'il n'avait pas tant de points communs que ça avec Anatol. Ils n'avaient pas du tout le même visage, en fait. Alors pourquoi se sentait-elle attirée par lui ? Elle était persuadée qu'il y avait un problème chez elle. C'était certain, en fait ; mais jusque là, elle pensait que ce n'était qu'un problème d'adultère. À présent, elle commençait sérieusement à se demander si elle n'était pas nymphomane sur les bords. La mâchoire toujours serrée, Betty répondit répondit sèchement à la question que lui posait l'homme devant elle. « Dans la salle de bain. » Elle le fixa, refoulant tout ce qu'elle pouvait penser de lui, ou plutôt essayant de refouler, avant de comprendre qu'il ne savait pas où se trouvait ladite salle de bain. Elle se leva et tourna aussitôt la tête, bien contente d'avoir une excuse pour ne plus le regarder. Pour ne plus voir les lignes parfaites de sa mâchoire, son beau nez aquilin, ses cheveux ébouriffés comme il fallait… Betty poussa la porte avec rage, presque. Elle traversa la salle de bain, qui était plutôt grande pour un appartement de deux pièces, qui plus est dans un vieil immeuble de Paularino Road, et pointa un tuyau, au ras du sol. « C'est ça. J'imagine que vous savez comment faire pour l'arrêter. » Elle était mauvaise. Elle respirait l'amertume, elle respirait le dégoût. Elle en était consciente, mais elle ne pouvait pas faire autrement. C'était sa façon à elle de se défendre contre ses démons intérieurs. Ce à quoi elle ne s'attendait pas le moins du monde, c'était que le plombier riposte. « Est-ce qu'il y a un problème ? Si ma présence vous gêne, je peux m'en aller et vous envoyer quelqu'un d'autre. » Betty en resta comme deux ronds de flan. Elle qui pensait qu'il se contenterait de faire son boulot, il s'était au contraire énervé du comportement de la jeune femme. D'abord, elle ne su pas quoi répondre. Elle pensait peut-être, à tord bien sûr, qu'il comprendrait qu'elle n'en avait pas après lui. Que c'était son caractère, qu'il n'avait pas à s'en préoccuper. Au lieu de quoi, il l'avait pris personnellement. Betty se mit d'abord à rougir. Ses muscles se décontractèrent, elle avait là devant elle l'opportunité de renvoyer Monsieur Hastings dans ses pénates. Pourtant, elle ne pouvait pas se résoudre à le faire. Natan lui en voudrait : c'était la seule tâche qu'il lui avait demandé de faire, elle se devait l'accomplir. Accueillir le plombier, le surveiller, le payer. C'est tout. Si elle le renvoyait, il faudrait qu'elle en trouve un nouveau qui ne viendrait assurément pas dans les cinq minutes – même s'il lui proposait de lui en envoyer un autre, elle était persuadée qu'il ne pourrait pas venir avant la fin de la journée, voire le lendemain. Natan serait en colère si le lave-vaisselle n'était pas réparé aujourd'hui. Cela faisait déjà une semaine qu'il fuyait, une semaine qu'il passait ses soirées à tout éponger. « Qu'est-ce qui vous fais croire que vous me gênez ? » finis par demander Betty, la voix adoucit mais toujours froide, ses pupilles exprimant la peur qui la rongeait. « Puisque vous êtes là vous n'avez qu'à rester » continua-t-elle, frôlant l'impolitesse. « Mon fiancé » reprit la rousse, se surprenant à préciser ce qu'elle n'avait pas voulu faire plus tôt, « va péter un câble si la cuisine est encore inondée quand il rentre. » Elle mentait presque. Ce n'était vraiment pas le genre de Natan ; cela lui arrivait d'être en colère, bien sûr, mais étrangement il s'énervait toujours sur un ton calme. Betty le connaissait assez pour savoir quand il l'était, et ça lui donnait des frissons quand il prenait sa voix très posée mais bourrée de colère ; elle le connaissait assez aussi pour savoir qu'il ne péterait pas de câble. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait dit ça.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Sam 15 Nov - 19:19




Tu pouvais percevoir cette amertume, elle te glaçait le sang, elle contractait tes muscles, elle résonnait à tes oreilles. Cette voix t'infligeait un poignard dans le dos chaque qu'elle retentissait. Tu essayais de contrôler cette colère qui t'habitait depuis tant d'année, depuis des mois surtout. Cette colère qui ne cessait de grandir en toi à mesure que les critiques, les soupçons, les rumeurs venaient se poser sur tes épaules déjà fragilisées. Tu ne te sentais pas à l'aise dans cet appartement, tu te sentais nerveux. Tu te demandais bien pourquoi tu continuais à travailler. Tu te demandais bien pourquoi tu ne suppliais pas Dylan de partir avec toi, loin d'ici. Loin de cette oppression que tu ne pouvais plus supporter. Tes nerfs peu à peu commençait à te lâcher, tu perdais patience, tu perdais pied. Tu voulais fuir comme n'importe qui l'aurait fait. Cette jeune femme te parlait si froidement, elle avait une once de crainte dans le regard. Aucun doute qu'elle te prenait pour le monstre qui avait tué un homme de sang-froid. Pour un monstre qui avait tué son propre père. Sans doute devrais-tu écrire un roman sur ta vie, une autobiographie qui te permettrait de rétablir la vérité sur ce que tu avais vécu, sur ce que tu avais fait. Peut-être qu'ils te comprendraient. Peut-être que des gens comme cette femme te regarderaient autrement, te parleraient autrement. Tu devais te rendre dans la salle de bain et pourtant, tu n'osais pas lui dire que tu ne connaissais pas le chemin. Heureusement pour toi, elle le comprit d'elle même. Tu aurais sans doute pu t'y rendre tout seul en cherchant un peu. L'appartement n'était pas très grand. « Merci. » avais-tu dit aussi froidement qu'elle lorsqu'elle t'avait indiqué le tuyau d'arrivée d'eau. Tu te contentas de refermer la vanne, il n'y avait pas grand-chose à faire de plus et tu espérais réellement que cela te permettrait de terminer rapidement chez ces gens. La froideur de cette femme au corps squelettique et au regard sombre t'avait pourtant fait perdre ton calme. Tu avait besoin de lâcher prise, de te défouler sur quelqu'un. Cette jeune femme semblait être la personne idéale pour l'aider à repartir sur de meilleures bases dans sa vie future. Tu avais souffert pendant près de huit mois, souffert de ces regards accusateurs, de ces critiques acerbes. « Qu'est-ce qui me le fait croire ? » T'as eu un rire sec, un rire qui n'en était même pas un finalement. Rien n'aurait pu réellement décrire ce son qui venait de quitter ta gorge. Tu n'avais plus envie d'être perçu comme celui que tu n'étais pas. Tu ne voulais plus que les gens discutent dans ton dos, t'assimilent à une histoire qui te faisait beaucoup de mal. Si tu n'en montrais rien, tu souffrais terriblement de cette situation. Le monde qui t'entourait n'avait plus aucune retenu lorsqu'il devait évoquer les drames, les crimes. Le monde se donnait à cœur joie de parler ouvertement des faits-divers qu'il pouvait lire dans les journaux. Mais ce monde connaissait-il réellement la vérité ? Non, personne ne pouvait savoir, personne n'avait vécu. Personne ne pouvait ressentir la même chose que toi. Tu te sentais terriblement mal depuis ce drame. Tu te sentais sale, couvert de honte et le regard que lui offrait les gens ne lui apportait aucun réconfort. Tu n'étais plus qu'un meurtrier, les mains couvertes du sang de ton paternel. « Mais regardez-vous ! J'en ai plus qu'assez qu'on ait peur de moi, plus qu'assez qu'on me regarde comme si j'étais un monstre. C'était il y a presque huit mois. Vous comprenez, huit mois ! » Tu avais haussé la voix, tu avais crié même. Tes mains tremblaient. Ton but n'était pourtant pas de l'effrayer plus qu'elle ne semblait l'être déjà, tu n'étais pas là pour perdre un client de plus. Seulement, la goutte d'eau avait fait débordé le vase déjà trop plein. Tu avais passé une main dans tes cheveux, tandis que l'autre se serrait en un poing ferme. Le genre de poing qui pourrait transpercé un mur sans difficulté. Tu n'arrivais cependant pas à te calmer, à maîtriser cette trop grande colère que tu avais jusqu'à présent garder en toi. « Si vous avez des choses à dire, dites-les ! Dites-les moi. Ça suffit de parler dans mon dos, ça suffit les regards mauvais. Ça suffit cette voix amère ! » Tu ne la connaissais pas cette fille. Tu ne te souvenais même pas l'avoir croiser un jour dans la rue. Tu n'avais sans doute jamais fait attention à cette fille, sans doute parce qu'elle ne t'attirait pas. Son corps trop mince se serait brisé sous tes mains, son visage enfantin était bien trop jeune pour toi. Cette fille te jugeait sans rien savoir de toi. Cette fille t'exaspérait, elle te donnait des envies malsaines. Des envies de te foutre en l'air tant le ras le bol était là. Tu te sentais mal de lui parler ainsi, de lui crier dessus. Tu savais que tu allais culpabiliser, que tu devrais partir avant même d'avoir terminé mais peu t'importait à ce moment précis. Tu ne pouvais plus supporter les regards et la froideur des habitants de Longside Creek. D'un ton plus fébrile, d'un voix presque tremblotante, tu avais simplement dit : « Je n'en peux plus. Arrêtez ! » Tu aurais pu te mettre à pleurer, te la jouer homme sensible mais tu ne pleurais plus depuis longtemps, depuis très longtemps, près de trente ans.

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Pendant que le plombier refermait la vanne d'arrivée d'eau, Betty jeta un coup d’œil à son téléphone portable, espérant y trouver un message de son fiancé. C'était la première fois depuis des mois qu'elle avait envie qu'il rentre, qu'elle avait envie de le voir. D'ordinaire, elle se débrouillait pour le fuir le plus possible, mais les conditions actuelles faisaient qu'elle attendait son retour comme jamais. Elle voulait que Natan revienne, pour qu'il puisse s'occuper du plombier, qu'il puisse le surveiller lui-même – de façon à ce qu'elle aille s'enfermer dans sa chambre, se cacher sous les couettes. Elle n'avait qu'une envie, se plonger dans un livre et ne plus en sortir – plus jamais. Au moins, devant un bon bouquin, elle n'avait plus à se soucier de sa propre vie, et seuls les personnages qu'elle lisait avait des problèmes. Des problèmes qu'ils finissaient toujours pas régler.

Betty glissa son portable dans la poche avant de son jean et continua de fixer le plombier, les pupilles grandes ouvertes. Quand l'homme se retourna, la rousse était loin d'imaginer ce qu'il allait dire. Elle pensait qu'il allait bêtement se relever et retourner dans la cuisine pour finir son travail, mais c'était sans compter les pics acerbes qu'elle lui avait lancé – et qu'il n'avait visiblement pas apprécié. « Mais regardez vous ! » Il avait haussé le ton, et sa voix forte intimida Betty. Elle baissa les yeux, honteuse, comme si elle avait été pris la main dans le sac. Elle les releva cependant bien rapidement, quand le plombier reprit la parole. Alors qu'elle pensait qu'il l'accusait d'avoir trompé son fiancé – mais après tout, comment aurait-il pu deviner ? – il s'énervait contre elle parce qu'elle le traitait comme… comme un monstre. Un monstre ? Pourquoi ça ? Betty était complètement perdue et le doute pouvait se lire clairement sur son visage. Pourtant, l'homme ne s'arrêta pas là et, dans le même élan, continua de l'incendier. Elle voulu articuler quelque chose pour sa défense, mais elle était bien trop estomaquée pour prononcer quoi que ce soit. C'était quoi son problème à lui, hein ? Est-ce qu'il était paranoïaque, pour croire que tout le monde le médisait ? La rousse commença à s'inquiéter, ayant peur d'avoir affaire à un dérangé. Pourtant, il avait semblé jusque là tout à fait normal ; en dehors du fait qu'il avait l'air triste, il paraissait plutôt bien dans ses baskets. « Je n'en peux plus. Arrêtez ! » La voix de l'homme qui se trouvait face à elle se brisa légèrement, et Betty aperçu toute l'ampleur de la colère qui le rongeait, une colère qui semblait profonde, ancrée en lui, et non pas apparue occasionnellement dans l'appartement d'une cliente. « Mais arrêter quoi ? » demanda-t-elle enfin, ses interrogations passant enfin la porte de ses lèvres. Elle ne comprenait rien. Elle avait d'abord cru qu'il avait compris ce qu'elle pensait, contre toute attente, bien que cela soit impossible ; mais maintenant, elle n'était plus sûre de rien. Elle ne savait pas ce qu'elle devait faire. « Pourquoi je vous prendrais pour un monstre ? Il s'est passé quoi, il y a huit mois ? Dîtes-moi. Je ne sais pas quoi vous dire. » Betty était perdue. Sa voix s'était considérablement adoucie, regardant le plombier d'un nouvel œil. Elle le trouvait toujours terriblement attirant, malheureusement, mais sa crainte se changeait petit à petit en sympathie. « Je suis désolée si la façon dont je vous ai regardé vous a blessé... » commença-t-elle, ne sachant pas trop où elle allait avec ses excuses. Elle ne pouvait visiblement pas lui avouer le fond de sa pensée, mais elle ne voulait pas qu'il croie qu'elle avait réellement peur de lui, surtout après avoir vu l'état dans lequel ça le mettait. « Mais c'est que… je… » Elle ne savait pas quoi dire. Elle ne savait vraiment pas quoi dire. Qu'est-ce qu'il penserait d'elle, si elle lui avouait qu'elle avait été froide avec lui parce qu'elle le trouvait mignon ? Il la prendrait pour une cinglée, sans aucun doute. Betty était déjà squelettique, livide, muette, il ne faudrait pas plus qu'un plombier qui répète à tous ces clients qu'elle était psychologiquement atteinte pour que sa réputation se fasse à Longside Creek. Les nouvelles allaient vite dans cette ville et elle ne voulait pas faire les frais des rumeurs. C'était d'ailleurs en partie pour ça qu'elle redoutait tant d'avouer son adultère, parce qu'elle savait qu'à partir du moment où une personne le saurait, toute la ville le saurait. Le bouche à oreille était plutôt efficace, et s'il s'avérait utile quand quelqu'un ouvrait un nouveau restaurant, il l'était beaucoup moins quand il s'agissait d'une erreur que tel ou tel citoyen avait commis. Betty se contenta donc de regarder le plombier mi-apeurée, mi-attendrie, attendant qu'il lui donne des explications et espérant que sa colère se calmerait. La rousse était plutôt sensible et elle savait que si le plombier s'acharnait trop contre elle, elle finirait pas craquer. Elle avait déjà trop pleuré ces derniers mois, elle commençait à ne plus en pouvoir. Surtout, elle ne voulait pas s'effondrer devant lui, devant un parfait inconnu.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Jeu 4 Déc - 16:29




T'as perdu pied sans savoir comment, sans savoir si tu arriverais à te relever. Tu ne semblais plus être le même depuis tout ce temps, ronger par la culpabilité, bouffer par les remords et surtout, sans le pire, rempli d'une satisfaction malsaine. Comme ces rires macabres des mauvais films d'épouvante, comme ces musiques inquiétantes dans les vieux films. Tu n'étais plus celui que tu avais été, encaissant sans broncher les reproches, les coups, les injures. Tu n'arrivais plus à contrôler cette colère, une colère trop intense pour une homme comme toi. T'étais quelqu'un de bien avant. Avant de passer du côté obscur, avant d'appuyer sur la gâchette sans prendre en compte le fait que tu deviendrais un meurtrier. Sans arrêt, tu te répétais que tu avais tué un homme. Tragique à tes yeux. Puis tu revoyais le visage de cet homme, le visage si familier d'un père maltraitant noyé dans l'alcool. A ce moment-là, tu voulais rire. Rire de ce que tu avais fait tant la situation t'avais semblé comique. Le revers de la médaille qu'ils disaient. De la légitime défense pour toi qui t'étais pris une balle dans la cuisse. Tu avais rêvé de voir ton père mourir. Tu avais finalement été le seul courageux à le faire. Tu savais que d'autres le voulaient. Des lâches. Mais cette fierté qui régnait en toi n'avait pas retiré la colère accumulée avec les années. Elle n'avait pas retiré l'amertume dans tes propos ni même dans ton esprit. Tu avais dû faire face seul à toutes ces choses, tu les avais surmonté seul. Tu l'avais toujours été.
Une respiration longue et tu secouais la tête, revenant à la réalité. Cette fille ne t'avait rien fait, rien si ce n'est être distance et glaciale avec toi. Rien qui ne méritait tant de haine envers une parfaite inconnue. T'avais envie de t'insulter, de te maudire toi et ta colère. Mais tu te retenais. Tu te retenais parce qu'elle ne parlait pas du meurtre de ton père. Elle n'avait pas mentionné les choses comme lui avaient cru les entendre. Bien au contraire, elle était interrogatrice, elle semblait déboussolée par cet élan de colère que tu avais laissé échapper. « Excusez-moi. » souffles-tu, lassé de te voir entrer dans des colères si noires pour un regard de travers, pour une parole un peu froide. Tu t'étais laissé emporter par ta colère pensant qu'une fois de plus, tu revivais un procès sur la place publique. « Je suis vraiment désolé. » Tu t'en voulais d'avoir hausser le ton sur cette femme qui n'avait sans doute aucun préjugé, qui voulait sans doute simplement que son lave-vaisselle fonctionne à nouveau. Pour une fois, tu voulais croire qu'elle ne savait rien, même si c'était bien difficile. Les gens avaient parlé, raconté des histoires bien éloignées de la vérité. Les journaux en avaient parlé, peut-être que la télévision avait évoqué l'affaire lors d'un journal télévisé, tu n'en savais cependant rien. Tu ne comprenais pas que quelqu'un puisse ne pas savoir. Et pourtant, dans les yeux de la jeune femme, tu avais perçu cette sincérité que tu n'avais pas vu depuis des mois dans le regard des gens. « Je ne voulais pas vous effrayer. J'ai mal interprété les choses ... » Elle n'avait peut-être pas peur, pas autant qu'il le croyait en tout cas. Malgré les questions qu'elle te posait, tu n'avais pas envie de lui raconter ton histoire. Tu n'avais pas envie qu'elle te regarde avec ce mauvais œil que les gens ont à ton égard. Tu ne voulais pas qu'elle te prenne réellement pour le monstre que tu étais sans doute. Une part de toi l'était, tu ne pouvais t'en empêcher. « Oubliez ce que j'ai dit. Je vais aller terminer ce que j'ai commencé. » Tu avais quitté la pièce pour rejoindre la cuisine. Dans un soupir, tu t'étais remis au travail rapidement, essayant de chasser de ton esprit la culpabilité qui t'avait repris, en essayant d'oublier ce que tu venais de faire. Tu ne savais pas si la jeune femme lâcherait l'affaire. Tu t'étais insulté de monstre sous ses yeux, tu lui avais hurlé dessus. Tu savais qu'elle voudrait une explication. Tu n'avais cependant pas envie de lui donner quoique ce soit. Pas avant de savoir pourquoi elle avait été si froide avec toi. Pas avant de comprendre pourquoi elle t'avait regardé ainsi. Tu ne voulais pas parler de ton histoire si elle n'en faisait pas de même. Tu n'étais pas du genre à te confier. Encore moins à une inconnue. Tu ne savais pas pourquoi elle t'avait regardé ainsi mais voulais-tu vraiment le savoir ?

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Dim 14 Déc - 17:48


troubles ain't what they seem. it's not that i'm afraid you : i'm not. i'm afraid of me, of what i could do. of what i could think. dailytvshows, .narnienne


Le plombier s'excusa à plusieurs reprises et se retira, priant Betty d'oublier ce qu'il venait de dire. La rousse écarquilla les yeux et l'observa, hébétée, rejoindre la cuisine. Elle cligna des paupières à plusieurs reprises avant que les connexions nerveuses se fassent et que ses jambes la sortent à son tour de la salle de bain. Sans vraiment réfléchir, Betty attrapa le bras du plombier, le forçant à se retourner. « Vous n'avez pas le droit de partir comme ça, sans explication, après m'avoir crié dessus » commença-t-elle, la voix un brin courroucée. Elle était à la fois énervée, inquiète, attendrie et coupable. « Pourquoi je vous considérerai comme un monstre, hein ? » Elle réalisa alors qu'elle serrait toujours le bras de l'homme, peut-être plus fort qu'elle n'aurait dû, et le relâcha, un peu honteuse. Elle croisa ses bras, tachant de se donner un semblant de dignité, un semblant de confiance en elle, un semblant d'intimidation. Ça ne fonctionnerait pas, bien sûr. Elle regagna la chaise qu'elle avait occupé durant les dix dernières minutes et s'appuya sur ses coudes. Elle avait le cœur au bord des lèvres et avait une terrible envie de pleurer. Son état n'était pas à son apogée, et la venue de ce plombier n'avait rien arrangé. En plus de soulever des sentiments qu'elle ne devrait pas éprouver pour un parfait inconnu alors même qu'elle était fiancée, il y avait autre chose chez cet homme qui tourmentait Betty. Elle savait dorénavant qu'il cachait quelque chose, et si d'ordinaire elle n'était pas curieuse, encore moins avec des personnes qu'elle ne connaissait pas, elle avait aujourd'hui envie de tout savoir sur celui qui réparait son lave-vaisselle. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais elle avait besoin de savoir. Elle se remit à tapoter nerveusement la table de la salle à manger, puis finit par ouvrir la bouche, un peu involontairement, un peu inconsciemment. « Je… je vous trouve mignon. » Betty avait lâché ça comme une bombe, et elle risquait les conséquences. En fait, non ; elle n'en avait rien à faire. Que pouvait-il lui arriver de pire que ce qu'elle vivait actuellement ? Il la prendrait pour une dégénérée, peut-être bien. Et alors ? Il répéterait à qui veut bien l'entendre que Betty Banks, fiancée à Natan Combridge, l'avait « trouvé mignon » ? On lui rirait au nez. Oui, voilà. Et quand bien même on le croirait, cela ne voulait rien dire. Elle pourrait le réfuter, oui. Elle pourrait dire que les médicaments qu'elle prenait lui faisait dire n'importe quoi. « Attirant même » ajouta-t-elle, s'enfonçant davantage. « Vous avez déjà rencontré une femme, une parfaite inconnue, au détour d'une rue ou dans la salle d'attente d'une gare ? Une femme tellement belle, tellement attirante, que vous auriez pu l'embrasser là, comme ça, si ce n'était pas foutrement déplacé ? Une femme pour qui vous avez ressenti une attirance physique plus forte que de raison, de façon incompréhensible ? Que vous avez très probablement perdue de vue quelques minutes plus tard, mais qui aura quand même marqué votre journée ? » Betty se mordit l'intérieur de la lèvre. Elle n'avait pas autant parlé depuis des lustres, depuis des mois c'était certain, mais peut-être même davantage encore ; même en parfaite santé, même avant d'avoir commis l'adultère qui l'a malmenait au quotidien, la rousse n'était pas aussi bavarde. « Voilà ce que je ressens pour vous. » Elle se risqua à relever les yeux mais les baissa bien vite. Elle ne voulait pas avoir à croiser le regard du plombier alors qu'elle lui déblatérait ce qui devait lui paraître des inepties totales. « C'est fou hein ? » La voix de Betty se brisa et elle sentit les larmes au coin de ses yeux, prêtes à couler. « C'est fou » répéta-t-elle, la voix tremblotante, « encore plus fou quand on sait que… que je suis fiancée. » Elle étouffa un sanglot et se prit la tête entre les mains, laissant enfin libre cours à ses larmes. Elle avait tellement honte. Elle avait tellement honte de mettre ses sentiments à nus devant quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, elle avait honte d'avouer cette « tromperie par l'esprit », elle avait honte d'apparaître si faible, si chétive, si pitoyable. Sa respiration était incontrôlable, tout comme ses sanglots qui ne cessaient pas. Elle ne prit même pas la peine de s'excuser, elle n'en avait pas la force. Elle se contenta simplement de pleurer sur sa chaise, les mains trempées, le visage inondé de larmes.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Lun 12 Jan - 1:11




Tu fuyais des explications que tu n'avais pas envie de donner. Et pourtant, elle te rattrapait. La jeune femme t'avait finalement retrouvé pour te demander des explications. Tu restais pourtant muet, la laissant te tenir le bras de sa petite poigne. Elle se sentait peut-être impressionnante. Elle ne l'était pas. Pas pour toi en tout cas. Elle te faisait même esquisser de vagues sourires tant la situation t'apparaissait comme comique. Tu n'étais pas là pour discuter. Et tu pensais pouvoir le faire lorsqu'elle avait choisi de se réinstaller à la table. Tu pensais pouvoir terminer ton travail pour filer au plus vite. La jeune femme a cependant choisi de parler, d'expliquer ses regards. Dans d'autres circonstances, tu aurais ri de ses explications. Mais tu sentais surtout qu'il s'agissait d'un aveu dont elle avait honte. A présent, il n'y avait plus ces regards qui t'avaient tant énervé. Elle semblait gênée de t'avouer son attirance. Elle se questionnait et tu pouvais te retrouver dans ses paroles, un petit peu. Tu pouvais te revoir une dizaine d'années plus tôt. « J'ai rencontré la femme que j'aime, l'amour de ma vie dans ce genre de circonstances, quand j'étais au lycée. Elle était tellement belle. Trop bien pour moi. » Tu restais rêveur en te remémorant des années où tu semblais plus ou moins heureux. « Je suis tombé fou amoureux. Et si je ne l'ai pas perdue de vue, elle a choisi un autre homme malgré tout. J'ai continué à l'aimer jusqu'à comprendre qu'elle aussi, elle avait ce sentiment magique pour moi. J'ai compris trop tard, elle s'est mariée à mon meilleur ami aujourd'hui décédé. » C'était l'ombre au tableau de votre histoire secrète. La mort de Sean avait bouleversé tant de choses dans vos vies. Leur mariage avait déjà causé beaucoup de trouble en toi. Tu t'étais senti abandonné. Malgré tout, tu pouvais te souvenir des meilleurs moments. Dylan t'avait plu au premier regard. Elle t'avait attiré, offert quelque chose que tu n'avais alors jamais connu. De l'amour. Tu avais découvert ce sentiment magistral auprès d'elle. Ce sentiment qui t'avait fait autant de bien que de mal. « J'aime profondément cette femme malgré tout ce qu'elle a pu me faire vivre. » Dylan était partie, elle t'avait annonçait la perte de son bébé. De votre bébé. Avec quelques temps de recul, tu savais que jamais tu ne pourrais aimer quelqu'un plus que tu n'aimes cette brune. « J'ai toujours eu beaucoup de mal à répondre aux attirances des autres femmes. Simplement parce que je sais que je n'aimerais qu'elle et qu'aucune autre ne pourra me faire ressentir autant. » Tu souris tout de même. Parce que cette jeune femme semblait perdue. Elle semblait se débattre avec ses remords. Parce qu'elle te rappelait un peu toi. Tu ne savais pas pourquoi elle se mettait dans de tels états pour une simple attirance. Ça n'avait pas de sens. « C'est peut-être fou pour vous mais pas pour moi. » Tu ne trouvais pas ça fou. Tu te moquais bien de son attirance. Quand bien même elle t'aurait plu, jamais tu n'aurais répondu à ses avances. Elle était fiancée, elle était bien trop fragile pour toi. Elle ne te plaisait pas tant que ça, elle ne t'attirait pas. Son visage était pourtant beau, quoiqu'un peu creusé. Son corps semblait prêt à se briser tant il était frêle. Cette jeune femme ne te correspondait pas. Mais peu importait, tu ne voyais rien de fou à son attirance, sans vouloir te jeter des fleurs. « Ce n'est pas parce que vous êtes fiancée que vous n'avez pas le droit d'être attirée par un autre. Je suis mal placé pour parler de ça, j'ai trahi mon meilleur ami en poussant sa femme à le tromper. » Elle fuyait ton regard. Tu ne cherchais pas le sien non plus. Tu l'entendais sangloter à présent. Tu étais à présent certain qu'il n'était pas uniquement question de cette attirance qu'elle se découvrait pour lui. « Ne pleurez pas ! » Tu ne savais pas consoler les autres. Tu n'étais pas douée pour la compassion, pour l'empathie. Ce n'était pas ton fort. « S'il vous plait ... » Tu te contenta de tapoter légèrement son dos, espérant qu'elle se calmerait. Les larmes, tu ne savais pas les gérer. Toi-même, tu ne savais plus pleurer. Tu ne savais plus extérioriser tes sentiments par des perles salées. La dernière fois que tu avais pleuré, c'était il y a bien longtemps. Cette image t'avait marqué. Tes dernières larmes avaient coulé lors de la fuite de ta mère. Cette mère que tu n'avais jamais réussi à retrouver. « Si vous pensez qu'être attirée par quelqu'un d'autre est quelque chose de mal, sachez que j'ai fait bien pire. Pire que trahir mon meilleur ami aussi. » Ta relation secrète avait brisé ton amitié avec Sean sans que tu ne t'en rendes compte. Tu lui en voulais d'avoir choisi la seule fille qui te plaisait et que tu aimais. Tu lui en voulais de l'avoir épousé alors qu'il connaissait bien tes sentiments pour elle. Il les avait niés, refusés pour prendre ta place. Tu l'avais longtemps détesté pour ça. Vous n'aviez plus qu'une fille en commun. Tu l'avais trahi mais ce n'était rien à côté du sang qu'il te restait sur les mains. « Je ne veux pas que vous ayez peur de moi. Les gens ont tendance à mettre des étiquettes qui ne correspondent pas. » Tu faisais parti des meurtriers sans cœur, qui tuent de sang froid sans sourciller. Ce n'était pas toi, cette description. Tu étais loin d'être ce genre d'homme. Mais l'étiquette du meurtre ne permet pas de se justifier, d'expliquer ses actes. Si le procès a conclu à de la légitime défense avec circonstances atténuantes, tes mains n'étaient pas lavées pour autant. Tu avais tué un homme, tu avais tué ton père. « J'ai fait quelque chose de grave. Aux yeux de tous, je suis un monstre. Je suis catalogué pour des années à venir. »  Jusqu'à ta mort sans doute ou jusqu'à quitter le pays. Tu y avais parfois pensé avant de te traiter de lâche. Tu ne voulais pas fuir les racontars et la connerie humaine. Tu voulais l'affronter. « Alors s'il vous plait, arrêtez de pleurer. Qu'importe ce que vous avez fait à votre fiancé, qu'importe l'attirance que vous avez pu porter à quelqu'un d'autre que lui. » Il y avait forcément eu un autre homme. Tu n'étais pas dupe. Cette simple attirance ne pouvait pas la mettre dans un pareil état. Si tu ne voulais conclure à rien, tu pensais vraiment que le couple de la jeune femme était en péril, pour des raisons que tu ne connaissais pas encore. « Expliquez moi ce qu'il s'est passé pendant que je répare votre machine et je vous expliquerais moi aussi. En version longue si vous le voulez. » Tu n'avais spécialement envie de le faire. Tu n'étais pas du genre à te confier à une inconnue. Tu ne pensais même pas que ça pourrait te faire du bien. Avant, tu parlais avec Dylan. Aujourd'hui, vous étiez trop éloignés. Aujourd'hui, tu gardais tout pour toi, laissant tes colères subites éclatées à tout moment pour extérioriser. Pour t'apaiser.

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MessageSujet: Re: [appt. #5] troubles ain't what they seem (maël,betty)   Ven 16 Jan - 17:02

Pour être honnête, Betty fut surprise de la réaction du plombier. Elle avait sincèrement pensé qu'elle le prendrait pour une dégénérée et qu'il récupérerait clé à molette et fer à souder, et claquerait la porte sans se retourner. Il n'en avait rien fait. Au contraire, il était resté des plus calmes, il n'avait même pas haussé les sourcils, il n'avait même pas semblé surpris. La rousse ne comprenait pas. Comment pouvait-il rester de marbre alors qu'elle venait clairement de lui avouer qu'elle ressentait une attirance pour lui ? Que ce soit réciproque – ce qui n'était très certainement pas le cas – ou non, il devait forcément y avoir une réaction autre que celle qu'il avait là. Mais pouvait-elle se plaindre ? Non, bien sûr. Elle fixa ses mains entrelacées et releva la tête avec étonnement, quand il reprit la parole. Il se mit alors à parler de lui, contre toutes attentes, à parler d'une fille qu'il avait jadis aimé et qu'il aimait encore. Betty fut touchée par son histoire, qui n'avait rien de drôle. Un meilleur ami qui lui pique la femme de sa vie, un meilleur ami qui meurt. Comment pouvait-on se relever de ça ? Elle n'avait jamais perdu d'être proche, et la vie lui avait toujours plus ou moins souris, sans qu'aucune grosse embûche ne bloque son passage. La vie de Betty avait été un long fleuve tranquille jusqu'à l'erreur qu'elle avait commise, quelques mois plus tôt ; mais là encore, était-ce vraiment une grosse difficulté à surmonter ? Comparé à ce qu'avait pu vivre l'homme en face d'elle, ce n'était rien. Pourtant, cela paraissait être une montagne aux yeux de la rousse. Elle hocha la tête à ses paroles, doucement, ne sachant pas vraiment quoi dire dans ce genre de circonstances. « Je suis désolée » se contenta-t-elle de répondre. Désolée d'avoir une vie si dure, désolée que l'amour ne vous ait pas autant sourit, désolée de ne pouvoir rien y faire. Ce que le plombier avoua alors suffit à ramollir le cœur de Betty davantage encore. C'était une déclaration d'amour, celle d'un amour infini qu'il dévouait à cette femme. Elle lui était inconnue, elle ne savait rien d'elle et pourtant, elle s'était aussitôt prise de sympathie pour elle. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû, peut-être qu'elle avait fait souffrir Hastings ; mais Betty pensait qu'elle aussi avait dû avoir son lot de malheurs à supporter. Perdre son mari était déjà une épreuve en soi. La rousse ne savait pas si elle-même serait capable de se relever après une chose pareille. Elle avait toujours pensé que ce serait la fin de son monde, si Natan venait à mourir, ou ne serait-ce qu'à la quitter. « Je comprends tout à fait » finit-elle par dire, sincère. Elle comprenait, parce qu'elle aussi avait ressenti ça, à une époque. Cela faisait plus de sept ans qu'elle était en couple avec son fiancé, et pendant longtemps elle s'était dit la même chose : qu'elle ne pourrait jamais aimer une autre personne autant qu'elle aimait Natan. Depuis ces derniers mois pourtant, toutes ces certitudes volaient en éclats. En écoutant le plombier, Betty se sentit davantage indigne. Lui était célibataire et avait visiblement loupé sa chance avec la femme de ses rêves, mais lui restait fidèle malgré tout. Elle, elle était en couple, mais avait trouvé le moyen de trahir sa moitié, et de penser qu'il ne la complétait peut-être plus autant que par le passé. Son cœur s'était serré davantage et les larmes lui étaient montées aux yeux. « Comment pouvez-vous dire ça ? » Betty ne comprenait pas que l'homme trouve cela parfaitement normal, d'être attiré par un autre que celui avec lequel elle partageait sa vie. Elle eut néanmoins sa réponse rapidement. Les larmes perlaient à ses yeux alors qu'il lui donnait ses explications. Bien sûr, vu comme ça, il n'y avait pas de honte à trouver un autre homme beau. Évidemment. Elle gardait toujours un droit de regard sur la gente masculine, comme Natan n'avait pas l'interdiction d'admettre que telle ou telle fille était jolie. On était au vingt-et-unième siècle, après tout. Avec ce point de vue là, Betty n'avait rien fait de mal ; mais c'est que le plombier ne savait pas tout. Non, il ne savait rien. Elle savait que cette attirance était à blâmer, parce qu'il ne s'agissait pas de quelque chose d'anodin ; pas après qu'elle ait trompé son fiancé, pas après qu'elle l'ait trahie. Elle ne pouvait plus se permettre dorénavant d'avoir des pensées pareilles pour d'autres hommes, pas si elle voulait espérer se faire pardonner. Betty avait alors éclaté en sanglot, se fichant pas mal de l'embarras qu'elle pouvait causer chez le plombier. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle pouvait se sentir aussi mal d'avoir commis un adultère, alors que l'homme en face d'elle avait poussé une femme à le faire. Comme si cela ne pouvait pas avoir de conséquences. Betty n'entendit qu'à peine les prières du plombier pour qu'elle cesse de pleurer, et ne sentit presque pas sa main dans son dos. Elle était consciente que si elle voulait du réconfort, ce n'était pas avec lui qu'elle le trouverait ; ce n'était d'ailleurs pas avec lui qu'elle le voulait. Elle n'en voulait pas du tout, en fait. Elle voulait qu'on la laisse dans son malheur, tout simplement parce qu'elle le méritait.

Betty releva la tête, les joues ravagées par les larmes. « Qu'est-ce qui pourrait être pire que trahir une personne que l'on aime ? » demanda-t-elle, suppliante. Elle ne voyait pas. De toute sa vie, parmi ses proches, c'est ce qu'elle avait pu trouver de plus horrible. Sa trahison envers son fiancé. Même ses parents, qui s'étaient séparés alors qu'elle était adolescente, avait fait ça dans les règles de l'art. Ils ne s'étaient jamais disputés, en tout cas pas devant leurs enfants, et à la connaissance de Betty, aucun n'avait trahi l'autre. Ils s'étaient juste séparés d'un commun accord par absence de sentiments, avec que l'un ou l'autre ne fasse une erreur, justement. « Je ne vois pas pourquoi j'aurais peur de vous » ajouta Betty, essuyant ses larmes du bout des doigts. « Vous êtes bien plus gentil que ce que l'on pourrait attendre d'un homme face à une inconnue un peu folle. » Elle laissa échapper un petit rire entre ses larmes, reniflant légèrement. Elle avait en effet eu la chance de ne pas tomber sur un plombier ronchon et malpoli ; quoique, peut-être qu'elle n'aurait pas non plus été attirée par lui si tel avait été le cas, et elle ne serait pas là à pleurer sur toutes les trahisons qu'elle avait faite envers son fiancé. Betty fronça les sourcils alors que l'homme se qualifiait de nouveau de monstre. « Un monstre ? Mais pourquoi un monstre ? Qu'est-ce que vous avez commis d'assez grave pour que vous vous voyez comme ça ? » Betty essuya les dernières larmes qui coulaient sur son visage et se moucha avec un mouchoir qu'elle attrapa sur la petite commode, derrière elle. Elle se sentit toute petite, quand elle eut l'impression que le plombier avait compris ce qui la mettait dans cet état-là. Peut-être que ça se lisait sur son visage, qu'elle avait trompé Natan. Ou peut-être qu'il était juste assez sensible pour lire entre les lignes. Betty hocha la tête alors que le plombier retournait s'occuper du lave-vaisselle. Après tout, c'était pour ça qu'il était venu. La rousse prit une grande inspiration. Est-ce qu'elle devait vraiment tout dire ? Après tout le temps qu'elle avait passé à le garder pour elle ? En même temps, elle ne pouvait pas se permettre de faire marche arrière, alors que l'homme avait subi malgré lui la crise de larme de la jeune femme. Elle lui devait au moins ça ; des explications. Et puis, ça lui permettrait ensuite d'en avoir à son tour. « Il n'y a rien d'original, vous savez… je suis une fille banale à vrai dire, et ça jusque dans mes actions les plus malhonnêtes, il faut croire… nous nous sommes fiancés il y a un peu plus d'un an, avec Natan. Il m'a fait sa demande en mariage alors que j'étais déjà au comble du bonheur. Je venais de réussir mon concours pour être professeure. J'enseigne la littérature au lycée de Longside Creek… c'est d'ailleurs là-bas que j'ai fait la connaissance d'Anatol. » Betty se surprit à mentionner le prénom de son amant, chose qu'elle n'avait même pas faite quand elle s'était brièvement confié à Cole, après avoir commis l'adultère qui la rongeait. « C'est un professeur aussi, et on s'est d'abord croisé à plusieurs reprises dans les couloirs, puis en salle des profs les rares fois où j'y allais… on a mangé ensemble, on a parlé quelques fois. On s'entendait très bien, on était presque complice même. Début juillet, je n'étais toujours pas mariée avec Natan. Je ne le suis toujours pas aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi on a tant tardé… Anatol m'a proposé d'aller boire un verre avec lui. Natan n'était pas là, il était à une soirée avec des amis à lui. Alors j'ai dit oui. Juste un verre, qu'est-ce que ça pouvait me faire ? Nous faire… » Betty serra la mâchoire. Elle se promit de ne plus verser une seule larme néanmoins, plus une seule jusqu'à la fin de la journée. « C'est cette nuit-là que j'ai trompé Natan… Quand il est revenu le lendemain matin, sur les coups de onze heures, j'étais dans la cuisine en train de préparer à manger, comme si de rien n'était. J'étais déjà pourtant en train de ruminer, et j'avais la nausée. J'étais bien pâle aussi. Mais comment aurait-il pu se douter de quoique ce soit ? … Je lui avais dit que je ne bougerais pas de l'appartement. Je ne lui ai jamais dit que j'étais sortie… que j'étais allée voir mon collègue, que j'avais couché avec lui. » Betty baissa le regard, même s'il ne pouvait pas croiser celui du plombier, qui lui tournait le dos. La rousse avait honte, elle avait tellement honte. Elle se sentait plus légère, un tout petit peu plus légère. Mais toujours si lourde de culpabilité.

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