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 Won't let us falling apart

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MessageSujet: Won't let us falling apart   Lun 15 Sep - 11:38


Les informations passaient à la radio, sans que Rosalie ne leur accorde plus d'attention qu'aux publicités qui pourrissaient les bas côtés de l'auto route. Elle conduisait depuis un certain moment, mais c'était la dernière ligne droite. Quelques panneaux indiquaient Longside Creek, même si elle préférait se fier à son GPS. Elle porta à ses lèvres son gobelet de café et, stresse oblige, se permit le luxe d'une cigarette. Elle ne fumait pas souvent, juste en cas de grand stresse. Et là, c'était le cas.

Sur le siège passager, une enveloppe en kraft semblait la narguer, et Rosalie ne pouvait s'empêcher de lui jeter régulièrement un regard en coin. Entre résignation, colère, tristesse. Mais elle ne voulait plus reculer. Elle était bien décidée à aller jusqu'au bout.

Quand elle entra dans Longside Creek, son GPS lui indiqua une route qu'elle ne prit pas tout de suite. Faisons durer le suspens, lui murmurait la boule qui s'était formée dans son estomac. Ce à quoi elle lui répondait de manière acide : trouvons d'abord un pied à terre, c'est plus raisonnable... Elle trouva un hôtel archéologiquement sublime, et y loua une chambre. Son enregistrement fut rapide, et elle prit tout aussi promptement, presque avec un froid dédain, la carte qu'on lui tendit. Elle ne prit pas le temps de s'installer, juste de poser sa valise au pied du lit, de s'assurer qu'elle aurait tout ce dont elle aurait besoin, avant de remonter dans sa voiture et cette fois, de suivre le chemin indiqué par son GPS.

Sur le siège passager, l'enveloppe kraft attendait sagement.
Rosalie hésita, puis grilla une seconde cigarette.

Elle se retrouva dans le quartier de Lombard Lane, devant un petit immeuble. Évidemment, Rosalie ne pouvait pas ignorer que celui qu'elle venait voir ne vivait pas seul - cette Eve... - et elle espéra malgré tout que son frère y était, pour le moment, seul. Et présent, surtout. Elle resta dans sa voiture encore quelques minutes, ses doigts fins tambourinant le volant immobile. Dans sa poche, son téléphone vibra ; sans doute Emily qui essayait de savoir où elle était. Elle lui répondrait plus tard. Rosalie saisit l'enveloppe à ses côtés et sortit de sa voiture, sans jamais avoir quitté des yeux la porte d'entrée. Elle s’engouffra dans le couloir, sans un regard pour les boîtes aux lettres, sachant parfaitement où elle devait aller, déjà. Et une fois sur le pas de la porte, Rosalie hésita. Recula. Avança, se collant presque à la porte, ses pieds piétinant sur place. Elle leva la main, mais recula une fois de plus. Tu n'es qu'une idiote, Oz. Ses doigts frappèrent à la porte avant qu'elle en ait totalement conscience. Le retour en arrière n'était plus possible. Pour la forme, elle frappa encore une fois, plus sûre d'elle. Elle ramena l'enveloppe en kraft contre elle.

La porte s'ouvrit à peine, pour se refermer aussitôt. Prend la parole la première, ne le laisse pas en placer une... Toujours être l'attaquante pour gagner la partie. Alors elle inspire.

- Eugène, ouvre-moi, s'il te plaît. Il faut que je te parle.

Elle frappa encore, juste histoire de gagner du temps. De réfléchir à ses prochains mots. Zut ! Ce n'était pas aussi facile qu'au tribunal, de trouver les mots justes...

- J'ai pris quelques jours de vacances, j'ai une chambre au Longside Hotel... Ecoute, j'ai vraiment envie qu'on parle, et qu'on dissipe tout malentendus entre nous. Pour de vrai. Et autour d'un vrai repas cette fois, ou d'un café. Allez, s'il te plaît, ouvre moi...

Mais rien à faire. Le silence le plus complet lui répondait. Elle attendit encore un peu, avant de renoncer dans un soupir. Elle sortit une carte de visite de son sac, et inscrivit au dos son n° de chambre.

- Ok, ok, j'ai compris... Je te laisse ma carte, il y a mon numéro de portable dessus... Et celui de ma chambre à l'hôtel.

Elle glissa le carton sous la porte, et il ne bougea pas. Rosalie leva les yeux au ciel. Elle resta accroupie, et fixa l'enveloppe kraft, s'éventa un peu avec.

- J'ai autre chose pour toi, "Gin".

Ce surnom avait été prononcé avec dédain. Après une ultime hésitation, l'enveloppe glissa à moitié sous la porte. Elle ne bougea pas plus que sa carte de visite, plus tôt.

- Je suis sûre que le contenu de cette enveloppe t'intéressera. Vois cela comme du chantage, si tu veux. Après tout, je suis la grande méchante, non ? Pour l'instant, tout ceci a été ignoré et classé sans suite. Je suis sûre que si tu ne trouves pas le temps de venir me parler dans ma chambre d'hôtel de super pimbêche, mettons, d'ici à trois jours, c'est parce que tu tenteras d'échapper à ce jeune flic zélé qui n'aime pas les affaires classées sans raison alors que toutes les preuves sont là pour arrêter des gens comme toi.

Ses mains étaient moites. Rosalie se releva, attendit une seconde, mais repartit vers les marches avant de se laisser attendrir par l'espoir de voir l'enveloppe disparaître, ou la porte s'ouvrir. Elle s'arrêta sur le chemin du retour pour manger dans un fast-food, avant de regagner sa chambre d'hôtel... Et de dégainer son ordinateur portable. Elle n'est pas une forcenée du boulot pour rien...
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MessageSujet: Re: Won't let us falling apart   Mer 17 Sep - 18:35

It's too late to apologize

Rosalie & Gin
Combien de fois avait-il lu cette lettre ? Cette maudite lettre qui hantait encore ses pensées. Tous comme ses journaux, Gin avait gardé cet ultime souvenir de sa sœur, le plus douloureux sans doute. Il avait attendu son retour en relisant encore et encore les derniers mots qu’elle avait écrits. Ils se reverraient, elle avait juré. Pour lui, ça sonnait comme une promesse qu’elle viendrait le chercher. Il l’avait attendu si longtemps, bien trop longtemps. Il se souvenait même avoir espéré à chaque voiture qui passait devant leur maison que ce soit elle, mais jamais elle ne réapparut. Elle l’avait abandonné, il n’y avait que ça à dire. Il avait souffert toutes ces années, et elle, qu’avait-elle fait ? Elle avait oublié, profitant de sa vie de riche pendant qu’il volait pour obtenir assez d’argent pour la retrouver. Elle l’avait oublié, c’était ce qu’il pensait, ce qu’il avait toujours pensé. Sa plus grande blessure, celle qui ne guérirait jamais. Il avait gardé cette histoire secrète, ne se confiant qu’à ses journaux, un peu bêtement sans doute. Eve savait à présent. Elle connaissait sa pire faiblesse, sa sœur. Maintenant, elle avait un moyen de l’atteindre si facilement si elle en avait envie… Il hésitait à partir, loin, fuir le plus loin possible d’elle et ne jamais se retourner, mais quelque chose le retenait. L’amour, sans doute, malgré lui. Cette connerie l’empoisonnait. Il avait pourtant cru enterré Eugene des années auparavant, mais il était toujours là, quelque part, à déplorer l’attitude qu’avait Gin, son double malsain. Si Rosalie ne l’avait pas abandonné, tout aurait été différent. Il lui en voulait encore tellement… Combien de temps avait passé depuis leur dernière rencontre ? Huit ans ? Oui, c’était ça, huit longues années encore sans nouvelle. A croire qu’elle ne le cherchait pas, qu’elle avait effacé sa venue à New York de sa mémoire. Au fond, il voulait la revoir, il voulait qu’elle vienne le chercher, mais il ne savait même pas s’il serait capable de lui pardonner si ça arrivait. Sans doute que non. Toute sa vie avait été bousillée par son simple abandon. Tout était de sa faute.

Il ruminait sa colère, tenant fébrilement cette vieille lettre dans sa main droite, les larmes lui montant encore aux yeux malgré les nombreuses années passées depuis, lorsqu’on frappa à la porte. Eve n’était pas là, sortie quelque part, il ne savait même pas où. Depuis qu’il avait découvert qu’elle avait lu une partie de son journal intime, il ne lui adressait presque plus la parole. C’était pire qu’avant, c’était insupportable, mais il ne pouvait pas tolérer qu’elle fouille dans ses affaires et découvre son passé. Il était hors de question qu’elle s’en serve contre lui. En entendant frapper à nouveau, plus fermement cette fois, il finit par se relever, rangeant la lettre sous son oreiller comme si ça pouvait empêcher qu’elle soit lue. Il s’avança lentement vers la porte, intrigué, toujours un peu suspicieux. Peut-être que c’était la police ? Qui ça pouvait bien être après tout, personne ne leur rendait jamais visite. Il ouvrit prudemment la porte, passa la tête dans l’entrebâillement et la referma aussitôt, choqué. Elle était là. Sa sœur, Rosalie, était devant la porte. Qu’est-ce qu’elle voulait ? Etait-ce une blague ? Son cœur palpitait si vite qu’il crut s’effondrer. Il ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Elle était là. Venait-elle le chercher, enfin ? Il n’osait même pas espérer. Dos contre la porte, angoissé, entre la rage intense et le désarroi complet, il ne dit pas un mot. Elle voulait parler ? Il n’avait pas envie lui. C’était trop tard pour parler, c’était trop tard pour tout d’ailleurs. Elle arrivait bien trop tard. Elle frappa à nouveau, il ne répondit pas. Elle avait pris une chambre à l’hôtel ? Elle comptait rester ? Dissiper les malentendus entre eux ? Quels malentendus ? Il n’y en avait aucun, elle était égoïstement partie en ne lui laissant qu’une vague lettre écrite à la va-vite et n’était jamais revenue. Elle n’était pas non plus venue le chercher après sa visite à New York. Il n’y avait aucun malentendu, juste des années d’absence qu’elle ne pourrait jamais réparer.

Elle laissa sa carte, qu’il vit apparaître sous la porte. Il la regarda longuement, mais ne fit pas un geste. Elle allait s’en mordre les doigts. Il ne lui pardonnerait pas, elle pouvait repartir, au moins elle saurait ce que ça fait d’attendre quelqu’un sans jamais recevoir aucune nouvelle, aucun mot. C’était trop tard pour eux, elle pouvait repartir. Autre chose ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Un cadeau ridicule de la grosse pomme qu’on offre aux imbéciles qui rêvent d’y aller sans jamais le pouvoir ? Elle pouvait toujours se le garder. Une enveloppe kraft glissa sous la porte. Il le fixa elle aussi, mais ne la prit pas. Pourtant, ça l’intriguait. De quoi elle parlait, classé sans suite ? Un flic ? Il se mit à paniquer tout à coup. Qu’est-ce que ça voulait dire tout ça ? Pourquoi arrivait-elle maintenant ? Est-ce que c’était un moyen de lui enfoncer un peu plus ce couteau qu’il avait dans le cœur depuis des années. Il avait mal, tellement mal… Il tremblait, l’envie d’ouvrir cette foutue porte pour prendre sa sœur dans ses bras le démangeant affreusement, sachant pourtant que s’il faisait ça, il perdait, comme si sa vie était petit à petit devenue un jeu. Quelques secondes plus tard, il l’entendit tourner les talons. Alors c’était fini ? Il se tourna vers la porte et l’ouvrit à la volée. Elle n’était plus là. Son regard se concentra alors sur ce qui bloquait désormais la porte. Il s’empara de la carte et de l’enveloppe puis retourna dans sa chambre pour tout analyser. Il y avait des tas de preuves contre lui. Des photos, quelques empreintes parfois, si ce dossier tombait entre de mauvaises mains, il serait arrêté sans plus attendre. Lui qui avait toujours pensé qu’il assurait assez ses arrières pour ne pas être repéré, voilà qu’il apprenait que sa sœur l’avait toujours couvert. Et maintenant, elle s’en servait contre lui. Il sentit la rage monter.

La soirée arrivait et Eve n’était toujours pas là. Heureusement, comme ça elle n’aurait pas à le voir dans cet état de panique intense. Des tas de sentiments se mêlaient en lui, il n’avait aucune idée de comment réagir. Finalement, il se releva de son lit, abandonnant l’enveloppe et les preuves sans se soucier du risque si quelqu’un les voyait, trop pris par sa rage pour y penser, et fonça jusqu’à l’hôtel où résidait sa sœur. Ce ne fut pas long avant qu’il n’arrive devant sa porte, bouillonnant de rage. Son cœur battait trop vite, il ne l’avait pas revue depuis si longtemps… Il se ressaisit et frappa violemment contre la porte. Trois fois, puis attendit deux secondes, il recommença l’opération, plus brutalement encore, jusqu’à voir la porte s’ouvrir devant lui. Elle était là. Elle avait changé, mais il la reconnaissait parfaitement. Il retenait déjà ses larmes. « Ca veut dire quoi ça ?! Qu’est-ce que tu fous ici ?! » Pas un bonsoir, pas une once de politesse. A quoi ça servait de toute façon ? Il n’était pas d’humeur à être aimable. Il ne lui pardonnerait jamais, ça se voyait dans son regard. Il rentra dans la chambre sans plus attendre pour éviter que tout le monde entende ce qu’ils se disaient, ignorant royalement sa sœur qui se trouvait sur son passage. « Si t’es revenue pour me menacer, c’est que tu es devenue bien pire ce que je pensais !! Qu’est-ce que tu me veux ?! Si c’est mon pardon, ne compte même pas là-dessus ! J’ai même pas envie de t’écouter ! Tu me dégoûtes, t’entends ça ?! J’ai marqué ‘adieu’ sur le papier, c’est pas pour rien ! Maintenant fous le camp et vite ! J’ai pas besoin de toi ! Ca fait des années que je me débrouille sans ma sœur ! » Il ne lui laissait pas en placer une, déversant une partie de sa colère. Il ne voulait pas d’elle ici, c’était trop douloureux. Il fallait qu’il parte, il fallait qu’il fuie, et vite. Paniqué, il se dirigea vers la porte mais elle ne le laissa pas faire. « Laisse-moi passer !! J’ai aucune envie de parler avec toi !! » Il lui en voulait tellement pour toutes ces années. Il avait eu besoin de sa sœur, il avait eu besoin d’un guide, et elle n’avait pas été là. C’était de sa faute.

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MessageSujet: Re: Won't let us falling apart   Mar 23 Sep - 15:16


Rosalie soupira devant son PC, et décida de le lâcher. Elle retira ses lunettes et compta du regard le nombre de cadavres : huit cafés. Neuf, si on compte qu'un des gobelet avait servi deux fois. Nouveau soupir, tandis qu'elle se lève pour s'en servir un nouveau : après tout, avec toute cette caféine, il n'était même plus question de penser à dormir avant le lendemain. Sa main se posa sur le combiné du téléphone de l'hôtel quand on frappa à la porte. "Waw ! Il est incroyable, ce service d'étage.", pensa-t-elle avec une pointe de malice. Mais les coups étaient trop réguliers, trop puissants. Sourcils froncés, le jeune femme avança et ouvrit, prête à faire appel à ses souvenirs de boxe s'il le fallait. Des gens mécontents, elle en avait croisés bien trop déjà. Ce n'était pas quelqu'un qui venait l'enquiquiner sur son lieu de vacances qui allait lui faire peu.

Sauf que ce quelqu'un n'était autre que son frère. Son visage sérieux vit une pointe de surprise le traverser, tandis qu'il pénétrait sans qu'elle ne puisse l'arrêter dans sa chambre. Rosalie était assez prudente pour s'écarter, puis pour refermer la porte derrière elle. Quelque part, elle avait un peu peur. Maus au fond, elle était sincèrement heureuse qu'il soit venu. Eugène, par contre... Ne semblait pas partager son enthousiasme. Et d'un côté, elle le comprenait parfaitement - elle aurait réagi de la même façon, à sa place. Elle se mordit la lèvre un bref instant, histoire de retenir ses larmes, ne laissant pas les mots blessants de son frère trop l'atteindre. C'était bien plus difficile que quand c'était une personne lambda qu'elle avait devant elle...

Et puis le voilà, à peine entré comme une tornade, après avoir tout chamboulé dans leurs esprits à tous les deux, qu'il veut déjà repartir. Ca non ! Rosalie ne le laissera pas faire ! Toujours près de la porte, elle secoue la tête pour lui dire que non, elle ne le laissera pas passer.

- Ecoute-moi, au moins quelques minutes, Eugène !

Il la pousse un peu pour accéder à la porte, mais elle ne se laisse pas faire. D'une mouvement inattendu, elle se jette à son cou puis prend appui avec un pied contre la porte pour les faire basculer au sol. SI ça n'a pas marché, elle les a quand même éloignés de la sortie.

- Allez, étouffe-moi si tu veux, mais s'il te plaît... Accorde-moi juste ça : serre-moi un peu dans tes bras, et écoute-moi quelques secondes. Et après, je te laisse disparaître et vivre ta vie comme tu l'entends, je ne m'en mêlerai plus. Crois bien que cette enveloppe, c'était tout ce dont je disposais pour être sûre que tu viennes me voir. Ma seule chance de pouvoir te parler. Que tu m'écoutes.

Elle était prête à essuyer de nouveaux coups durs s'il le fallait. Rosalie s'accrochait comme une dingue au cou de son frère. Dire que quand ils étaient gamins, c'était quelque chose de parfaitement naturel ; aujourd'hui, elle avait l'impression de devoir lutter pour garder prise. Eugène était plus grand qu'elle maintenant - quoique si elle avait gardé ses hauts talons, sans doute aurait-elle pu combler cette différence. "Arrête de penser à des bêtises pareilles en cet instant...", se gronda-t-elle intérieurement. Dressée sur la pointe de ses pieds nus, elle attendait. Elle ne savait pas trop quoi. Elle attendait une étreinte en retour, elle l'espérait depuis des années maintenant. Pas sûr qu'elle puisse supporter un nouveau rejet. Alors sa tête s'enfouit dans le cou d'Eugène, et sa prise se resserra un peu plus.

- S'il te plaît... Je sais que tu m'en veux, mais accorde-moi ça... Comme un adieu, un vrai, si tu veux.

Elle se retint, à temps, d'ajouter "et pas un adieu qu'on laisse sur un bout de papier". Car nul doute que Rosalie se reprendrait dans la tronche qu'elle lui avait laissé une lettre, elle.
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MessageSujet: Re: Won't let us falling apart   Mar 30 Sep - 22:04

It's too late to apologize

Rosalie & Gin

Rosalie était là, sa sœur, réapparue comme par magie, après des années sans nouvelle. Après tout c’était de sa propre faute s’ils avaient coupés les ponts cette fois. La voler et écrire ‘adieu’ dans son coffre n’avait sans doute pas poussé la jeune femme à le retrouver. Il avait toujours tellement de haine en lui. Elle l’avait abandonné, ça avait toujours été comme ça. Il aurait pu la pardonner si elle était revenue le chercher, mais elle ne l’avait jamais fait. Elle lui avait pourtant promis, mais il fallait croire qu’il ne comptait pas vraiment pour elle. C’était sans aucun doute à cause d’elle qu’il était aussi mal aujourd’hui. Peut-être que ça venait aussi de là, sa peur de s’engager, de s’attacher, cette façon qu’il avait de vouloir se protéger de toute forme de relation. Il avait tellement souffert de son absence, il n’avait jamais compris sa décision, il refoulait sa haine, sa rancœur, sa rage depuis tout ce temps, vacillant dangereusement entre l’envie déchirante de la retrouver, de la serrer dans ses bras, et la force qui le poussait à la détester toujours un peu plus, comme une espèce de conscience qui lui répéterait sans cesse ce qu’elle avait fait. Il ne lui pardonnerait jamais, c’était trop tard. Elle avait manqué plus de quinze années entières de sa vie, rien ne pourrait rattraper ça.

Et pourtant elle était là, comme si elle avait le droit de se tenir devant lui pour lui parler, après tout ce temps. Pourquoi maintenant ? Il l’ignorait, tout comme la véritable raison qui la poussait à revenir dans sa vie sans prévenir. Elle le menaçait ? Vraiment ? Etait-ce alors la raison de sa venue ? Rien que d’y penser, ça lui brisait le cœur. Elle était simplement là pour le menacer, pour le faire chanter, comme s’il n’était personne, un étranger banal et sans importance, pas son frère. Elle ne serait donc rien d’autre qu’une déception pour lui, une déchirure, une cicatrice qui semblait s’élargir au fil du temps. Mué par son angoisse et sa rage, il ne traina pas un instant de plus dans l’appartement, et fila directement  l’adresse qu’elle lui avait indiqué. Il fallait qu’elle disparaisse. Sa présence ne ferait qu’empirer la situation. Eve était déjà au courant de son existence, il ne fallait pas risquer une rencontre. Si elle n’était là que pour les vols, alors elle repartirait bien vite. Il frappa à la porte sans ménagement, une première fois, puis une deuxième, plus violemment encore, jusqu’à ce qu’elle ouvre. Elle ne devait pas s’attendre à le voir vu son expression. Il se mit alors à cracher sa haine, lui faire comprendre qu’elle n’était certainement pas la bienvenue, et dès qu’il eut fini sa tirade, essoufflé, étouffé, il entreprit de quitter la pièce aussi vite qu’il était venu.

Elle se positionna bien vite entre la porte et lui, demandant à son frère de l’écouter, comme si ça suffisait. Eugène, elle utilisait encore ce prénom qui l’horripilait. « Eugène n’existe plus, laisse-moi passer. » Il rageait, serrant les poings, puis finit par la pousser mais elle riposta, se jetant à son cou en les faisant basculer au sol. Il détestait ça. « Lâche-moi tout de suite. » Il ne voulait pas lui parler, surtout pas l’écouter. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien dire ? Qu’elle n’en avait jamais rien eu à faire de lui ? Qu’elle avait bien fait de partir à l’époque ? Qu’elle vivait une belle vie alors que lui vivait la misère ? Il ne voulait pas l’entendre se vanter. Elle lui demandait de la serrer dans ses bras, de l’écouter, elle disait ne vouloir que ça. Il avait mal au cœur. Il sentait déjà les larmes monter mais sa fierté l’obligeait à les ravaler bien vite. Il avait envie de fuir, très loin, mais l’entendre dire qu’après ça, elle s’en irait, ça lui fendait le cœur malgré lui. Eugène vivait encore au fond de lui, quelque part. « Parce que tu crois que c’est si simple de t’écouter ?! Comme si ce que tu pouvais dire pouvait encore compter ! C’est trop tard maintenant, beaucoup trop tard ! » Ils se relevèrent et il essaya de nouveau de s’échapper mais elle le retenait, toujours accrochée à son cou.

Il était plus grand qu’elle maintenant. Autrefois c’était l’inverse. Une preuve de plus que le temps avait passé. Elle cala sa tête dans le cou du jeune homme et il fut incapable de la repousser. Les bras ballant, choqué, décidément trop sensible. Un adieu. Voilà ce qu’elle était venue chercher. Un adieu, en face à face. Ce mot seul suffit à lui faire verser les larmes qu’il retenait jusqu’alors. Si Eve le voyait en ce moment… Elle rirait sans doute. Ou peut-être qu’elle pleurerait avec lui ? Impossible à savoir vu leurs relations tendues. Ses bras se relevèrent un peu, prêts à serrer sa sœur si fort qu’il l’aurait étouffée, mais il les retint finalement, prenant conscience de son état. Il ne fallait la laisser prendre le pouvoir. Il l’obligea donc à se détacher de lui, peiné, serrant les poings pour camoufler ses tremblements incessants. Il avait l’impression de redevenir le petit garçon effrayé par son père. Il la fixa alors dans les yeux, les larmes coulant toujours malgré lui. « Tu n’as aucune idée de ce que j’ai vécu. Tu ne sais rien, juste ce que tu as vu en photo, tu ne connais plus rien de ma vie, tu n’en fais même plus partie. Quinze ans. J’aurais pu me marier, avoir une famille, des enfants, j’aurais pu mourir, me suicider, aller en prison, tuer quelqu’un, et toi tu n’étais même pas là. Tu penses que c’est pardonnable ça ?! »

Sa voix faiblissait, son cœur se resserrait davantage, il prit quelques instants pour reprendre son calme. « Qu’est-ce que tu fais ici ? Qu’est-ce que tu cherches ? Tu veux remuer le couteau dans la plaie peut-être ? Pourquoi venir maintenant ? Ta vie de princesse ne te va plus c’est ça ? T’as bien du culot de te pointer ici avec tes papiers à la con et me dire ensuite que tout ce que tu veux c’est un câlin et un adieu. » Les larmes coulaient abondamment, il était bouleversé. Il n’avait à présent aucune idée de ce qu’il aurait préféré. Qu’elle ne revienne jamais ou qu’elle reste ? Il avait trop souffert, et ce n’était pas prêt de changer. Sa vie ne serait jamais un long fleuve tranquille, c’était certainement la différence entre Rosalie et lui. Elle, elle avait tout eu, lui, il avait tout perdu.

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MessageSujet: Re: Won't let us falling apart   Sam 11 Oct - 17:45


Et voilà ; elle le faisait pleurer. Ces larmes sur les joues de son cadet nouèrent l'estomac de Rosalie, et son brusque accès de culpabilité lui noua les tripes. Ses mains se levèrent pour passer sur les joues humides d'Eugène, essuyer ses larmes comme elle le faisait quand ils étaient mômes. Au lieu de cela, il la repoussa... Coup dur. Oz dut faire appel à tout son contrôle pour ne pas hurler de frustration, pour ne pas revenir s'accrocher à lui. Bien malgré elle, son regard se fit implorant, sa bouche s'ouvrant sur une supplication muette. Mais elle serra les dents, préférant lutter pour ne pas fondre en larmes à son tour.

Au moins, le message était clair. Mais juste pour être sûr qu'il le soit, Eugène en rajouta une couche. Elle leva les yeux plusieurs fois, presque outrée. Comment lui en vouloir ? Elle s'était toujours arrangée pour qu'il ne sache pas qu'elle en prenait, des nouvelles, grâce à leurs voisins, ou des "amis" communs. Et puis, forcément, quand elle avait couvert quelques unes de ses traces, après l'épisode du coffre fort, dans son bureau tout neuf. Par contre, la suite ne passa pas du tout. Rosalie fut réellement choquée de l'entendre parler de "sa vie de princesse" et manqua de s'étouffer. A son tour d'être en colère, à présent. Ses doigts se resserrèrent, ses poings se contractant parfois pour s'empêcher de lui mettre une gifle. Elle avait beau l'aimer, il venait de la blesser profondément. Et à ce moment-là, ce fut à elle de prendre la parole :

- Mais comment oses-tu, toi ? J'ai pris de tes nouvelles, toutes ces années, grâce à nos voisins. Évidemment que je n'osais pas t'appeler, mais j'avais quand même besoin de savoir comment tu...

Elle secoua la tête, et commença à faire les cents pas.

- Une vie de princesse ? Parce que je me maquille et que j'ai de beaux vêtements... Mais tu crois que tout ça, c'est tombé du ciel, Eugène ? Tu n'imagines pas combien j'ai trimé pour en être là où j'en suis aujourd'hui ! Tu fais fausse route !

Rosalie se posta devant lui et leva un doigt pour souligner ses paroles :

- Tu n'es pas le seul à en avoir chié ces dernières années, tu sais ? Tu ne vois que la surface des choses, et forcément que c'est beau et brillant, que ça fait envie, sinon tu ne m'aurais pas volée il y a quelques années !

Et elle ne lui parla même pas des conséquences de cet acte. Ca avait un peu plus plombé sa réputation toute jeune, mais c'était du passé, et elle avait passé l'éponge depuis un moment. Rosalie inspira profondément avant de refaire demi tour et quelques pas pour se calmer. Machinalement, sa main plongea dans son sac à main posé sur un siège, et en retira le paquet de cigarettes. Paquet qu'elle rejeta après un soupir. "Tu fumes trop aujourd'hui, Oz." Nouveau soupir, et elle se passa la main dans les cheveux pour ramener sa tignasse en arrière. Sa voix redevint plus posée.

- Je suis revenue parce que... J'avais promis que je viendrai te chercher. Ca a mis plus de temps que j'aurai voulu. Je t'assure que si ça n'avait tenu qu'à moi, je t'aurai embarqué dans mon sac. Mais je ne pouvais pas. Tant pis si tu ne me crois pas... Mais aujourd'hui, je suis là parce que je t'avais promis de le faire. Et je savais que toi, tu ne voudrais pas me voir. C'est pour ça que j'avais cette enveloppe. Ne me regarde pas comme ça ! Quand je suis venue frapper à ta porte, tu me l'as claquée au nez. Et sans cette enveloppe, tu ne serais pas là maintenant, n'est-ce pas ?

Ses épaules s'affaissèrent légèrement, et Rosalie se laissa tomber sur le canapé. Elle le regarda droit dans les yeux, durant quelques secondes silencieuses. Jamais elle n'avait montré ses côtés faibles à son frère. Pour lui, elle avait toujours été forte ; là, elle semblait vulnérable.

- Je ne te balancerai jamais, Eugène. C'est dire combien tu as une piètre opinion de moi si tu as réellement pensé que je puisse le faire. Ce n'était qu'un moyen... Pour être sûre de t'avoir en face de moi. Pour qu'on puisse parler. Même si je conçois que c'est plutôt maladroit et pas totalement fair play. Mais c'est pour toi que je suis venue jusqu'ici. Pour venir te chercher. Je suis prête à m'installer ici, si tu le souhaites, pour qu'on recommence à se voir. Pour rattraper le temps perdu. Pour nous offrir un avenir commun. Bien sûr, je n'approuve pas ce que tu fais, mais je ferai avec si tu ne veux pas changer.

Même si elle ne put s'empêcher de grincer un peu des dents à cette évocation...

- Mais si tu veux que je disparaisse de ta vie à tout jamais, je le ferai aussi. Cette décision est toute à toi. Prend le temps qu'il te faut pour y réfléchir, je ne te demande pas une réponse immédiate. Et puis, tu sais où me trouver... Mais s'il te plaît : laisse-moi une chance.
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